Vente aux enchères : une copie ancienne de la Joconde révèle les couleurs d’origine du chef-d’œuvre de Léonard de Vinci

Depuis sa réalisation au début du XVIe siècle, le tableau le plus célèbre au monde a fait l’objet de bien des copies. Celle-ci, retrouvée il y a six mois lors d’un inventaire familial près de Paris et attribuée à l’école de Fontainebleau (XVIe siècle), a été peinte aux alentours de 1600 se singularise par sa fidélité : alors que nombre de reproductions présentent une touche propre au peintre « imitateur », on retrouve ici inchangé le visage de la Mona Lisa, et seuls quelques détails permettent de la distinguer de la Joconde originale. Une œuvre remarquable qui sera proposée aux enchères par Artcurial à Paris le 9 novembre prochain à l’occasion de la vente « Grands Maîtres & Art du XIXe siècle », avec une estimation entre 150 000€ et 200 000€.

Une copie devant l’original

D’après la fidélité de la reproduction, il semble que cette copie a été réalisée devant l’œuvre originale. En effet, cette dernière était à cette période exposée à Fontainebleau, ayant été achetée par François Ier. « Sa fidélité à la peinture originale et l’intelligence de la reproduction suggèrent que l’artiste avait accès à la Mona Lisa de Léonard de Vinci et a pu l’examiner avec attention », a précisé Artcurial dans un communiqué.

École française, vers 1600, D’après Léonard de Vinci, Portrait de Lisa Gherardini, dit La Joconde ou Mona Lisa © Artcurial

Seuls quelques éléments diffèrent, notamment la facture moins précise de l’arrière-plan et la proéminence des deux colonnes encadrant le portrait. Autre particularité : cette peinture a pour support un panneau de chêne, et non une toile, comme la majorité des autres reproductions !

Portrait de Mona Lisa, dite La Joconde Léonard de Vinci (1452-1519) vers 1503-1506, huile sur bois, 77 x 53 cm.

Un témoin de la jeunesse de la Joconde

Contrairement à la Joconde de Vinci, dont le vernis terni a donné à la toile une teinte caramel, cette copie présente encore des couleurs de première fraîcheur. Elle pourrait donc offrir un précieux aperçu de ce que pouvaient être ses nuances initiales, plus bleutées ! Une aubaine, sachant que la restauration de la toile originale (qui permettrait d’en découvrir les réelles couleurs) est un épineux problème en raison des fragiles couches de glacis qui la composent.

Cette copie sera exposée dans les locaux d’Artcurial à Paris du 5 au 8 novembre avant sa mise en vente.

Cet article Vente aux enchères : une copie ancienne de la Joconde révèle les couleurs d’origine du chef-d’œuvre de Léonard de Vinci est apparu en premier sur Connaissance des Arts.