Vente aux enchères : l’identité de l’acheteur du Panier de fraises des bois de Chardin révélée

Achetée par un marchand d’art new-yorkais le 23 mars dernier chez Artcurial, la toile de Chardin attisait la convoitise de Laurence des Cars, présidente-directrice du Louvre, qui espérait la faire entrer dans les collections du musée. Il y a quelques jours, la Commission consultative des trésors nationaux a refusé la demande de certificat d’exportation déposée par l’acheteur, accordant au tableau le statut de trésor national. Une demi-victoire pour le Louvre, qui dispose désormais de 30 mois pour acheter l’œuvre. Mais une autre péripétie s’ajoute à l’histoire. Alors que le Louvre doit s’empresser de réunir les fonds nécessaires pour le rachat de l’œuvre, le Kimbell Art Museum, au Texas, vient de faire savoir que l’acquéreur du tableau travaille en réalité pour le compte du musée américain. Les prétentions se font donc désormais savoir du côté du Pentagone, remettant encore en question le sort du tableau.

Bras de fer entre la France et les États-Unis

On assiste désormais à un véritable bras de fer entre les deux musées. Même si l’œuvre pourrait atterrir sur le sol américain si le Louvre ne réunit pas les fonds nécessaires durant les 30 prochains mois, Éric Lee, directeur du Kimbell Art Museum représenté par Adam Wiliams durant la vente, sait qu’il devra être patient : « Cette œuvre vaut la peine d’être attendue », a-t-il déclaré au journal « The Art Newspaper ». Mais le directeur du musée ne fait pas de cette acquisition une ambition personnelle et reste confiant sur le destin de l’œuvre, qu’elle traverse l’Atlantique ou qu’elle reste dans l’Hexagone : « Même si l’on considère que le Louvre pourrait finalement l’obtenir, c’est gagnant-gagnant dans tous les sens du terme puisqu’un grand musée va acquérir l’œuvre », a-t-il déclaré.

Jean-Baptiste Siméon Chardin, Le Panier de fraises des bois, huile sur toile, 38 x 46 cm, © Artcurial

Bien que le Louvre possède déjà 41 Chardin dans sa collection, Laurence des Cars espère toujours accueillir dans son musée les fraises alléchantes du peintre français : « Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de tableaux que nous possédons, c’est la merveille de ce chef-d’œuvre », a-t-elle déclaré au journal « Le Parisien ». Le Louvre devra trouver les fonds nécessaires à l’achat de l’œuvre et pourrait probablement se tourner vers l’un de ses mécènes, la compagnie pétrolière et gazière TotalEnergies, pour obtenir de l’aide. Un destin inconnu pour « un trésor mondial qui doit être vu par le public », souligne Éric Lee. Affaire à suivre…

Le Kimbell Art Museum a ouvert ses portes en 1972 avec une collection centrée sur le portrait français et britannique. On peut y retrouver des œuvres de la main de Pierre Bonnard, d’Henri Matisse, d’Alfred Sisley ou encore de Jean-Baptiste-Camille Corot ©️Wikimedia Commons / Michael Barera

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