Vanités et art macabre : une ode à la vie au musée des beaux-arts de Lyon

En ces temps de pandémie, l’exposition « À la mort, à la vie. Vanités d’hier et d’aujourd’hui » a une résonance particulière, la mort squattant inconsciemment nos esprits. Le musée des beaux-arts de Lyon, dont on connaît la richesse des collections, n’a eu qu’à en extraire ses Vanités d’hier et d’aujourd’hui, qui exaltent a contrario la précieuse beauté de la vie. Plus de 150 œuvres (peintures, dessins, gravures, sculptures et installations) illustrent les différentes typologies de la vanité, de la fin du Moyen Âge jusqu’à la création contemporaine.

La fugacité des plaisirs

Le parcours, pas vraiment chronologique, s’attarde sur les œuvres relevant d’une certaine morale chrétienne à travers un vocabulaire bien codé : squelettes, crânes sous forme de memento mori, danses macabres, bulles de savon, fleurs flétries, pétales tombés, papillons éphémères, ermites dénudés en méditation, cabarets enfumés, luxure et luxe ostentatoire… autant de scènes de genre traversant les siècles et rappelant le sens de l’existence, la fugacité des plaisirs.

Willem Claesz Heda, Nature morte, 1642, huile sur bois Lyon, musée des Beaux-Arts. Dépôt du musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette

Notons au passage Les Mangeurs de ricotta de Vincenzo Campi (1580) dépeignant la vulgarité des goinfres, faisant pendant avec la Marie-Madeleine en beauté repentie de Giuseppe Maria Crespi (vers 1730).

Giuseppe Maria Crespi, Sainte Madeleine, vers 1722-1740. Huile sur toile Lyon, musée des Beaux-Arts Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette

Des choix non-conformistes

L’exposition a l’intelligence et la finesse de dépasser ces illustrations superbes mais attendues, par un choix non conformiste d’œuvres contemporaines. On remarquera particulièrement Tiny Deaths, oeuvre minimale de Bill Viola (1993), d’une émotion sublime, les six aquarelles hypersensibles d’Edi Dubien (2019), le gothique Cementery Youth de Gilbert & George (1980), l’effrayant totem Janus d’Étienne-Martin (1963), ou les fruits pourris de Miquel Barceló !

Miquel Barcelò, Les Termites – Fruits pourris, 1994, pigments naturels, lavis, fusain, terre et poussière sur papiers rongés par des termites Collection particulière © ADAGP, Paris, 2021. Image © Lyon MBA – Photo Martial Couderette

« À la mort, à la vie. Vanités d’hier et d’aujourd’hui »
Musée des Beaux-Arts, Lyon
www.mba-lyon.fr
Jusqu’au 7 mai

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