Stonehenge : le site était un lieu de chasse avant la construction du monument

Et si l’endroit sur lesquels ont été érigés les plus célèbres monolithes d’Angleterre était un haut lieu de chasse ? C’est en tout cas ce que défend un article publié dans la revue scientifique « Plos One ». C’est sur le site de Blick Mead, à proximité de Stonehenge, que des chercheurs ont effectué des analyses géologiques et géochimiques. Celles-ci ont révélé que le site était occupé par des chasseurs-cueilleurs durant les 4 000 ans qui ont précédé la construction des emblématiques mégalithes. La région constituait ainsi une importante zone de chasse et de pâturage à l’époque mésolithique.

Une réinterprétation du paysage du site

Les recherches ont démontré que, bien avant que les hommes du Néolithique n’érigent les majestueuses pierres de sarsen de Stonehenge, les chasseurs-cueilleurs du Mésolithique (de 9600 av. J.-C. à 5 000 av. J.-C. environ) fréquentaient le site et l’utilisaient comme terrain de chasse. Tandis que les précédentes fouilles à Blick Mead confirmaient déjà que des populations mésolithiques s’y étaient installées avant 8000 av. J.-C., les nouvelles recherches suggèrent que les hommes ont continué à utiliser cette zone jusqu’au Néolithique.

Les chercheurs ont cartographié les environs de Stonehenge et les principaux sites archéologiques de la région. En bas à gauche, une photographie de la position des empreintes de sabots d’aurochs in situ dans les alluvions mésolithiques. En bas à droite, des preuves de marques de découpe sur des restes d’aurochs ©Crown copyright / Boundary Line 2021 / Environmental Agency 2017 / D. Jacques

Cette hypothèse s’est notamment appuyée sur des analyses sur l’environnement du site. Des recherches antérieures suggéraient que Stonehenge avait été créé dans un paysage forestier inhabité. La récente étude tente de montrer que la zone était constituée d’une forêt ouverte, où paissaient de grands herbivores dans des clairières.

Une zone de chasse pour les populations mésolithiques

Pour en savoir plus sur la manière dont les peuples anciens utilisaient la terre à la fin du Mésolithique (vers 5 000 av. J.-C.), les archéologues ont creusé une tranchée et y ont entamé une série d’études géologiques sur l’ADN de plantes, les pollens et les spores. Les résultats ont révélé que la zone présentait des conditions de prairie humide, à proximité de la forêt ouverte, permettant aux animaux sauvages de brouter. La découverte et l’analyse de restes d’animaux ont confirmé la présence de chasseurs dans cette zone, qui auraient eu accès « à des cerfs rouges, des élans, des sangliers et des aurochs », a expliqué Samuel Hudson de l’université de Southampton. Le site était ainsi un lieu stratégique à l’époque mésolithique, utilisé pour tendre des embuscades aux grands ongulés venus se désaltérer aux abords des cours d’eau.

Le graphique de gauche montre une chronologie du paysage de Stonehenge. À droite, des illustrations de l’évolution de la végétation autour du site de Stonehenge avant sa construction ©2022 Hudson et al

« Le site du patrimoine mondial de Stonehenge est mondialement reconnu pour la richesse de son paysage monumental du Néolithique et de l’âge du bronze, mais on sait peu de choses sur son importance pour les populations mésolithiques », ont déclaré les auteurs de l’étude. Il est désormais clair que les populations précédant de quelques millénaires la construction des célèbres monolithes avaient déjà choisi une partie du paysage environnant comme lieu permanent de chasse et d’occupation, pré-adaptant le paysage aux activités pastorales de l’époque Néolithique.

Cet article Stonehenge : le site était un lieu de chasse avant la construction du monument est apparu en premier sur Connaissance des Arts.