« Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis » : la révélation Boris Taslitzky à la Piscine de Roubaix

Jusqu’au 29 mai, La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix accueille une remarquable rétrospective de l’œuvre de Boris Taslitzky (1911-2005), peintre d’histoire engagé qui a su témoigner avec force des grands bouleversements du XXe siècle, depuis l’horreur des camps de concentration jusqu’à la guerre du Vietnam. « Boris Taslitzky (1911-2005) : l’art en prise avec son temps » est la première exposition monographique d’envergure consacrée à cet artiste méconnu du grand public dont le musée s’attache ici à restituer le parcours et les aspirations.

Un peintre d’histoire méconnu

Après les rétrospectives André Fougeron en 2014 et Marcel Gromaire en 2020, la Piscine de Roubaix recommence l’exercice d’une exposition autour de la figuration avec le très méconnu Boris Taslitzky. Comme son nom l’indique, Boris Taslitzky est le fils d’une famille russe. Immigré juif, il demeure marqué par toutes les horreurs des deux Guerres mondiales. Son père meurt au front en 1915, sa mère est arrêtée en 1942 lors de la Rafle du Vel d’Hiv. Lui est condamné pour propagande communiste. Déporté politique, il se retrouve au camp de Buchenwald où il contribue à la libération des détenus en 1945.

Boris Taslitzky, Les Délégués, 1947, huile sur toile, 130 x 162 cm. Roubaix, La Piscine ©️Alain Leprince

Raconter l’Enfer

Côté peinture, Taslitzky passe des portraits à des compositions vantant les utopies liées à l’arrivée du Front populaire. Plus que le témoin, il est l’acteur de ces scènes atroces qu’il ramène des camps. Des compositions terribles mais transcrites dans des couleurs acides dignes d’un macabre carnaval. « Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis. D’ailleurs j’ai l’expérience, j’y suis déjà allé ! », disait-il. Taslitzky est le plus fort dans le travail du dessin, surtout lorsqu’il portraiture ses compagnons de torture ou les travailleurs algériens. C’est une révélation !

Boris Taslitzky, Les Témoins, 1945, plume et encre sur papier, 16 x 24,5 cm, collection particulière ©️Alain Leprince

« Boris Taslitzky : l’art en prise avec son temps »
La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
jusqu’au 29 mai

Et retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties »

Cet article « Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis » : la révélation Boris Taslitzky à la Piscine de Roubaix est apparu en premier sur Connaissance des Arts.