Record de vente aux enchères : un tableau de Picabia adjugé 10 millions d’euros devient l’œuvre la plus chère de l’artiste

Pour la première fois, Sotheby’s organisait mercredi 16 mars sa première vente en France entièrement consacrée aux artistes ayant participé à l’aventure surréaliste. Cumulant un total de 33 millions d’euros, elle représente l’un des plus hauts montants pour une vente française dédiée au surréalisme. Au total, 80% des œuvres apparaissaient pour la première fois en vente publique, dont une toile de Francis Picabia, Pavonia (1929). Estimée initialement entre 6 et 8 millions d’euros, l’œuvre est finalement partie pour 10 millions d’euros. Elle devient à ce titre le nouveau record de l’artiste.

Pavonia et l’iconique série des Transparences

Réalisée en 1929, Pavonia fait partie de sa série iconique Transparences. À la fin des années 1920 et au début des années 1930, Picabia s’adonne à des expérimentations graphiques dans sa série. Souvent incomprise car insaisissable, elle exalte le sens graphique de l’artiste. En juxtaposant des formes colorées à des formes transparentes et des motifs linéaires, l’image suggère l’existence d’une « troisième dimension ». « Je veux un tableau où tous mes instincts puissent se donner libre cours. », disait-il. L’une des séries les plus convoitées de l’artiste refait donc surface avec Pavonia (1929), toile de 149,7 sur 170,8 cm représentant hommes, femmes, oiseau et cheval confondus dans une végétation onirique.

Francis Picabia, Pavonia, 1929, huile sur toile, 149,7 x 170,8 cm ©️Courtesy Sotheby’s

Comme le souligne le site de Sotheby’s, « Dans Pavonia, Picabia s’est directement inspiré de certains motifs de Pompéi, illustrés dans l’ouvrage Real Museo Borbonico, qu’il s’agisse de la centauresse le bras levé, repris d’une fresque murale de la cité antique (et gravée dans le Real Museo Borbonico, volume III, pl. 21), ou de la colonne antique visible à gauche, emprunt au frontispice de ce même volume. ». Sa toile cristallise le passage entre deux états, de la culture à la nature, du monde réel à l’immortel.

De la transparence à la visibilité

L’œuvre n’avait jamais fait l’objet d’une vente aux enchères. Acquise directement auprès de l’artiste en 1929 par le galeriste renommé Léonce Rosenberg, la toile a été conçue pour décorer son appartement du 75 rue de Longchamp à Paris. Elle a par la suite appartenu à la galerie Henri Bénézit, et à la galerie Cazeau-Beraudière à Paris jusqu’en 2006, où elle a été achetée par son dernier propriétaire. En faisant s’envoler les enchères pour atteindre 10 millions d’euros, elle dépasse le précédent record de l’artiste, réalisé chez Sotheby’s à New York en 2013 par Volucelle II (1922), adjugé 8,8 millions de dollars (environ 7,9 millions d’euros). « Nous sommes particulièrement fiers d’avoir établi un nouveau record mondial pour Picabia, très certainement le peintre du XXe siècle le plus régulièrement mis à l’honneur depuis que Sotheby’s organise en France des ventes d’art moderne », a commenté dans un communiqué Thomas Bompard, l’expert de la vente.

Francis Picabia, Nu de Dos, 1940-1942, huile sur carton, adjugé 3,302,000€ ©️Courtesy Sotheby’s

D’autres œuvres faisaient leur première apparition en vente publique, comme Le Nu de dos (1940-1942) du même artiste, partie pour 3,3 millions d’euros, ou encore Le paysage fantôme (2,1 million d’euros) et le Palais de la Courtisane (2 million d’euros) de René Magritte.

Cet article Record de vente aux enchères : un tableau de Picabia adjugé 10 millions d’euros devient l’œuvre la plus chère de l’artiste est apparu en premier sur Connaissance des Arts.