Photo : Julien Magre, lauréat du Prix Niépce Gens d’images 2022

Le jury du Prix Niépce Gens d’images, considéré comme le « goncourt de la Photographie » et présidé par Héloïse Conésa (conservatrice pour la photographie contemporaine au département des estampes et de la photographie de la BNF), comptant Nathalie Bocher-Lenoir, déléguée du Prix Niépce, ou encore Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume, s’est réuni pour annoncer jeudi 2 juin dernier, à la Bibliothèque nationale de France, le lauréat 2022 : Julien Magre. Le photographe a su se démarquer des 14 autres candidats en proposant un travail mêlant poésie, intimité et science du regard.

Julien Magre, un parcours sans faute

Né en 1973, Julien Magre a obtenu son diplôme des Arts décoratifs de Paris en 2000. Son travail est représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon depuis mars 2017. À Paris Photo en 2010, Agnès b. a vite repéré son travail lors de la signature de Caroline, Histoire numéro deux (Filigranes, 2010), ce qui a initié le début d’une collaboration sur plusieurs projets. En 2014, il a fait partie de l’exposition collective du BAL, S’il y a lieu, je pars avec vous. En 2017, il a présenté sa série Troubles et Un hiver sans brume à la Galerie Le Lieu, à Lorient et a exposé pour la première fois sa série Je n’ai plus peur du noir au festival de Toulouse MAP en 2017. Le livre relatif à cette exposition fait partie des 10 meilleurs livres sélectionnés par le Prix Nadar. Depuis janvier, il compte parmi les lauréats de « La grande commande photographique du ministère de la Culture » initiée par la BNF.

Julien Magre, photographe de l’inimité, a été désigné lauréat de la 67e édition du Prix Niépce Gens d’images ©Louise Magre

Un artiste qui transfigure la banalité quotidienne

En janvier 2011, le photographe se disait « spectateur de [sa] propre intimité » : choisissant la bonne distance avec son sujet, ni trop loin, ni trop près, il documente son quotidien et le rend poétique. Philippe Guionie (Directeur de la Résidence 1+2 « Photographie & Sciences » à Toulouse), qui a parrainé la candidature du photographe au prix, décrit le travail de ce témoin de l’intimité : « Depuis plusieurs décennies, avec constance et humilité, Julien photographie sa famille, en famille, avec ses permanences, ses joies, ses fractures, ses fulgurances et ses silences… Il est l’écrivain de ses failles intimes, le dedans et le dehors associés dans un tout photographique tendant vers l’universel. » L’artiste aime aussi étendre sa pratique à travers le livre par exemple, comme en témoigne la publication de nombreuses éditions : Caroline, Histoire numéro deux (Filigranes, 2010) ou encore Si du ciel ne restait qu’une seule pierre (Filigranes, 2018). Avec son corpus de photographies « En Vie » qui a conquis le jury, Julien Magre bénéficiera notamment du financement de trois expositions, dont une à Bibliothèque nationale de France dès décembre 2022 ou encore une autre au Jeu de Paume au Château de Tours à l’automne. Il a également reçu la somme de 15 000 € financée par l’ADAGP et la Picto Foundation.

L’artiste mêle photographies de sa famille (sa femme et ses deux filles) et de paysages marqués par l’émotion ou le passage du photographe © Julien Magre, Courtesy galerie Le Réverbère, Lyon

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