Paris : nos coups de cœur de l’exposition « Yves Saint Laurent, les coulisses de la haute couture à Lyon »

Jusqu’au 5 décembre, le musée Yves Saint Laurent (Paris) accueille l’exposition « Yves Saint Laurent, les coulisses de la haute couture à Lyon », curatée par Aurélie Samuel, conservatrice du patrimoine et directrice des collections de l’institution. Cette exposition, initialement présentée au Musée des Tissus de Lyon, mène l’enquête sur les origines des tissus utilisés par le grand couturier, et plus largement sur son rapport aux étoffes, depuis l’enfance jusqu’à ses dernières réalisations. L’occasion d’en apprendre plus sur sa connaissance sans faille de l’univers textile, sur les innovations de la maison en la matière et sur ses liens avec les fournisseurs lyonnais.

Les « paperdolls » sont de véritables poupées de papier créées par le jeune Yves Saint Laurent. ©Clara Baudry

Parmi les objets les plus anciens de l’exposition se trouvent ces « paperdolls », véritables poupées de papier créées par le jeune Yves Saint Laurent, qui s’affairait à leur créer maintes toilettes. Ces éléments émouvants s’accompagnent d’une archive plus intéressante encore : la référence du tissu de la maison lyonnaise Bucol qui a été repris sur cette robe, retrouvée spécialement pour l’occasion.

Le « robrack » du tissu utilisé pour cette robe de 1996 a été retrouvé. ©Clara Baudry

L’enquête se poursuit avec cette robe de la collection haute couture printemps-été 1996, dont il a été retrouvé le « robrack » originel étant passé entre les mains d’Yves Saint Laurent. Ce dispositif de présentation des tissus, sous forme d’échantillons, permettait aux couturiers de choisir les étoffes pour leurs collections. Ici, le choix du créateur s’est encore une fois porté sur un produit Bucol.

La « Mariée Shakespeare » a nécessité le concours de 5 fournisseurs de tissus lyonnais. ©Thierry Ollivier

L’exposition présente également certains des plus grands chefs-d’œuvre du couturier. C’est le cas de la « Mariée Shakespeare », point d’orgue du défilé de la collection haute couture automne-hiver 1980 intitulée « Shakespeare et les poètes ». Multipliant les couches d’étoffes, dont certains sont lamées or, cette robe a nécessité le concours de 5 fournisseurs de tissus lyonnais et pèse au total environ 18 kilos !

Le tissu « ottoman » donne sa forme au plastron de la veste « Picasso ». ©Clara Baudry

Ici encore, le tissu joue un rôle clé dans la tenue et l’identité de la pièce. Plus que le dessin et la coupe du vêtement, c’est l’utilisation du tissu « ottoman », caractérisé par ses côtes horizontales, qui donne sa forme au plastron de la veste « Picasso ».

À la manière d’un peintre, Yves Saint Laurent classait les échantillons de tissu par couleur. ©Thierry Ollivier

À la manière d’un peintre, Yves Saint Laurent classait les échantillons de tissu par couleur (et non par matières), avant de les assembler. C’est à l’aide des planches ainsi créées qu’il pouvait ensuite choisir les tissus pour ses collections. Véritable témoignage de son processus créatif, ses palettes de couleurs sont ici exposées pour la première fois !

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