Notre-Dame de Paris : découverte exceptionnelle sur le chantier d’un sarcophage en plomb et de vestiges inédits

Depuis le 2 février, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène des fouilles à l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les opérations se concentrent sur la zone de la croisée du transept où doit prochainement être installé l’échafaudage nécessaire à la reconstruction de la flèche. La mise au jour d’importants vestiges, « d’une qualité scientifique remarquable », vient d’être annoncée par le ministère de la Culture. Il s’agit notamment de fragments de l’ancien jubé et d’un sarcophage en plomb datant probablement du XIVe siècle.

La sépulture d’un haut dignitaire

L’opération a été commanditée par l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris (EPRNDP), maître d’ouvrage du chantier de reconstruction de la cathédrale, sur prescription de la Drac Île-de-France. Elle doit se poursuivre jusqu’au 25 mars « afin d’exploiter pleinement le potentiel » de ces fouilles et de laisser la possibilité aux archéologues de mieux comprendre le contexte de découverte de ces traces insignes du passé du sanctuaire. Ceci est d’autant plus nécessaire que le monument porte en lui les souvenirs superposés, enchâssés, fragmentaires, de 800 ans d’une histoire complexe. Avant l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé l’édifice, et plus particulièrement sa flèche qui s’est effondrée sur elle-même et à l’intérieur sur la croisée des transepts, Notre-Dame avait déjà connu une importante phase de transformation avec les travaux menés par Eugène Viollet-le-Duc.

#NotreDame
L’Inrap se réjouit d’avoir mis au jour sous le contrôle de la DRAC et de @rebatirNDP d’importants vestiges. Les études en cours permettront d’enrichir la connaissance du patrimoine architectural (jubé) et de la société médiévale (sarcophage) https://t.co/QwwL9eR7B3 pic.twitter.com/wGPqJ12FFX

— Inrap (@Inrap) March 14, 2022

Les archéologues ont cependant pu identifier différents niveaux d’occupation allant du XIXe au XIIIe siècle, pour les éléments le plus anciens datables à ce jour. Parmi les nombreuses sépultures présentes sous le sol de la croisée du transept, un cercueil en plomb particulièrement remarquable a été mis au jour. Dit « anthropomorphe » parce qu’il adopte la forme d’un corps humain, il présente apparemment un excellent état de conservation et pourrait avoir été enfoui à la fin du XIVe siècle. Le lieu de l’inhumation et la nature du cercueil laissent supposer aux spécialistes qu’il doit renfermer la dépouille d’un haut dignitaire.

Vue du chœur de Notre-Dame, encombré de débris suite à l’effondrement de la flèche et de la voûte, le 19 avril 2019 ©Dominique Niel

Souvenir du jubé

Les fouilles ont également permis de révéler la présence d’une fosse contenant de nombreux éléments sculptés polychromes enfouis pêle-mêle. Ceux-ci proviendraient de l’ancien jubé (une portion de la clôture de chœur) construit vers 1230 et détruit au début du XVIIIe siècle, comme cela fut le cas dans nombres d’autres sanctuaires à cette époque. Certains vestiges de ce jubé avaient déjà été prélevés par Viollet-le-duc et son aujourd’hui conservés au musée du Louvre. Ces nouvelles découvertes vont permettre d’en apprendre davantage sur la nature du décor peint de cet élément.

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