Niki de Saint Phalle au cinéma : un projet de biopic sur la vie de l’artiste en préparation

Après Artemisia Gentileschi, Camille Claudel, Frida Kahlo ou encore Margaret Doris Hawkins, c’est à présent au tour de la vie de Niki de Saint Phalle (1930-2002) d’être adaptée au cinéma. Après la grande rétrospective du Grand Palais à Paris en 2014, un long-métrage sur la célèbre artiste et militante féministe arrive bientôt dans les salles obscures. Céline Sallette travaille actuellement sur la préparation de son premier film en tant que réalisatrice : un biopic consacré à Niki de Saint Phalle. En promotion pour la mini-série de science-fiction Infiniti (Canal+), l’actrice française a révélé quelques informations sur ce futur projet, notamment lors d’une interview accordée à l’hebdomadaire « Paris Match » : « J’ai écrit un long-métrage sur Niki de Saint Phalle, que produira Jalil Lespert et dans lequel Charlotte Le Bon aura le rôle-titre. Je m’autorise enfin à aller vers ce type de projets, et c’est passionnant. »

Une ressemblance frappante

Le choix de Charlotte Le Bon pour interpréter l’artiste emblématique n’est pas le fruit du hasard. Outre la ressemblance frappante entre les deux femmes, l’actrice canadienne est également artiste. Diplômée en arts plastiques, Charlotte Le Bon dessine, peint, photographie et sculpte. Ses œuvres ont déjà exposé dans des galeries d’art parisiennes telles qu’Item éditions ou encore l’Atelier de Paname.

Charlotte Le Bon au déjeuner des nommés des César du Cinéma en 2015. ©Wikimedia Commons/Georges Biard

Si, pour le moment, on ignore le reste du casting (qui interprétera Jean Tinguely ?) et les événements qui seront relatés dans le film de Céline Sallette coécrit avec Samuel Doux, on sait d’ores et déjà qu’il se concentrera sur le moment où Niki de Saint-Phalle est devenue artiste. La vie de celle-ci ne manque pas de moments romanesques. Descendante d’une lignée de Croisés par son père, banquier français installé à New York, Américaine par sa mère, issue d’une famille fortunée de planteurs du Sud, Niki de Saint Phalle s’est par la suite construit tout un personnage : « J’ai décidé très tôt d’être une héroïne. Qui serai-je ? George Sand ? Jeanne d’Arc ? Un Napoléon en jupons ? », écrit-elle dans Traces, un récit autobiographique publié en 1999.

Niki de Saint Phalle, Les Baigneurs, parc de la Fondation Gianadda, Martigny. Photo ©Wikimedia Commons/Whgler

Un même combat féministe

Des provocants tableaux-tirs, performances qui l’ont rendue célèbre à travers le monde dès les années 1960 aux sombres Mères dévorantes, en passant par les Nanas, créatures fantasques en équilibre, l’artiste plasticienne, peintre, graveuse, sculptrice et réalisatrice de films autodidacte a à la fois marqué l’histoire de l’art avec ses créations protéiformes et traversé le XXe siècle à la fois en précurseure et marginale des mouvements féministes. « Je suis une ardente féministe mais à ma manière », explique-t-elle en 1965. Brosser le portrait d’une icône du féminisme pour son premier film n’est certainement pas un choix anodin. Le combat de Niki de Saint Phalle fait ainsi écho à celui de Céline Sallette. Celle-ci fait en effet partie du Collectif 50/50 et combat pour l’égalité des hommes et des femmes.

Niki de Saint Phalle, sculptures de Nanas sur la New York Ave., à Washington, D.C
©Wikimedia Commons/Carol M. Highsmith

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