Musée du Louvre : restaurée, la chapelle funéraire d’Akhethétep invite à un nouveau voyage dans l’Egypte antique

Voilà une nouvelle qui va ravir les amateurs d’Égypte antique. Le 24 juin dernier, le musée du Louvre a annoncé la réouverture des 3 premières salles du département des Antiquités égyptiennes, en travaux depuis près de deux ans. La muséographie de ce premier tronçon a été entièrement repensée pour immerger le visiteur, dès les premiers instants de sa visite, dans la vie et les traditions de l’Égypte pharaonique. Par ailleurs, la première salle accueille désormais les actualités du département, en l’occurrence la stèle du vizir Senousret et le Chien d’Assiout, deux artefacts récemment restaurés. Dans la troisième salle, la chapelle du mastaba d’Akhethétep a, elle aussi, été restaurée et complétée par un dispositif de médiation vidéo.

Refonte de la muséographie

Outre les travaux de mise aux normes, les travaux des trois premières salles du département visaient à rendre plus compréhensibles et plus accessibles les collections égyptiennes du Louvre. Le public se retrouve donc immédiatement face à la stèle du vizir Senousret, une roche gravée de près de 2 tonnes datant du Moyen Empire (2033-1780 av. J.-C.). Il se retrouvera ensuite nez à nez avec le Chien d’Assiout (Ier siècle av. J.-C.-Ier siècle ap. J.-C.), une sculpture de l’époque ptolémaïque récemment débarrassée des sels incrustés dans sa roche, qui généraient d’importantes et rapides dégradations. En s’aventurant dans la troisième salle, les amateurs d’archéologie se plongeront finalement dans les rites funéraires de l’Ancien Empire, en pénétrant dans le riche mastaba d’Akethétep.

Le Chien d’Assiout, récemment restauré par le musée du Louvre, trône dans la première salle du département des Antiquités égyptiennes © Musée du Louvre – RMN Grand Palais – Hervé Lewandowski

La chapelle du mastaba d’Akhethétep

En l’honneur du bicentenaire de la mort d’Auguste Mariette, l’égyptologue français ayant découvert la nécropole de Saqqarah en 1850, la muséographie du mastaba (une tombe honorifique égyptienne) d’Akhethétep a également été actualisée. La chapelle de ce mastaba, dont les décors évoquent des scènes de la vie quotidienne de l’époque (pêche, champs, fêtes et chasse entre autres), avait été démontée, transférée et rebâtie à l’identique au Louvre en 1932. Lors des récents travaux, les chercheurs l’ont de nouveau déconstruite pour la restaurer, la numériser et pour lui faire retrouver ses proportions exactes, en remontant notamment les bas-reliefs de 70 centimètres. Ils ont par ailleurs trouvé une feuille de papier laissée par les conservateurs en charge du déplacement de l’édifice en 1932, portant l’inscription « Les anciens vous saluent. Adieu. ».

Vue intérieure du mastaba d’Akhethétep restauré © Musée du Louvre – Christian Décamps

Grâce à un système de vidéo 3D, l’ensemble de la chapelle, qui accueillait la dépouille du très influent Akhethétep, qui a conseillé l’un des pharaons de la Ve dynastie sans que l’on sache exactement lequel, a pu être recréé pour le plus grand bonheur des visiteurs. Cette nouvelle installation permet de recontextualiser les décors de cette tombe aussi riche que son occupant était puissant. La restauration a été financée grâce à l’opération Tous mécènes ! qui a réuni 670 000 euros en 5 ans. En complément de cette nouvelle muséographie, les plus curieux pourront suivre, entre le 11 juillet et le 8 août, une web-série retraçant la vie d’Akethétep sur la chaîne YouTube du musée du Louvre.

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