Mort du peintre et sculpteur Guy de Rougemont, géomètre ludique

Mercredi 18 août, les membres de l’Académie des beaux-arts et son Secrétaire perpétuel Laurent Petitgirard ont annoncé la mort de Guy Rougemont, âgé de 86 ans. Membre de l’Académie des beaux-arts dans la section peinture, il avait été élu le 17 décembre 1997 au fauteuil de Jean Bertholle (1909-1996). La Compagnie déplore la perte de ce membre qui y « siégeait très régulièrement et activement ». Abolissant la frontière entre peinture et sculpture, il laisse derrière lui une œuvre picturale qui n’a pas hésité à investir les espaces publics français ; l’historien de l’art Adrien Goetz rapporte qu’il se définissait lui-même comme un « géomètre ludique ».

Du pictural à l’environnement

Né le 23 avril 1935 et ancien élève de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Guy de Rougemont a séjourné deux ans à la Casa de Velásquez (1962-1964) avant de participer à la Biennale de Paris en 1965 et au Salon de Mai en 1966. Il effectue ensuite un voyage à New York au cours duquel il se fait repérer, puis revient en France et engage des recherches sur l’insertion des formes et des couleurs à l’environnement. Ses œuvres urbaines trouveront leur place dans des commandes de villes ou bien au titre du « 1 % » artistique dans les constructions publiques. Il investit de nombreux espaces publics : places, parvis, rues, autoroutes. Il a notamment réalisé la mise en couleurs du Musée d’Art Moderne de la Paris en 1974, le parvis en mosaïque du musée d’Orsay en 1986, un tracé au sol de la station de R.E.R de Marne-la-Vallée en 1976 ou encore le Totem de la place Albert Thomas à Villeurbanne en 1981.

Guy de Rougemont avait été élu à l’Académie des beaux-arts dans la section peinture le 17 décembre 1997 au fauteuil de Jean Bertholle. ©Académie des beaux-arts/B. Eymann

Une œuvre de peintre

En parallèle de ces travaux monumentaux, Guy de Rougement poursuit son travail pictural durant sa carrière, participant à de nombreuses expositions en France et à l’étranger. Son œuvre est donc clairement interdisciplinaire, en témoignent ses peintures, ses interventions dans l’espace urbain et ses éléments de mobilier sculpturaux. Néanmoins il se définit toujours comme un peintre avant tout : « On ne passe pas impunément du plan au volume, de l’objet au monumental, sans qu’un jour tout cela ne se fonde en une seule et même pratique. Je suis peintre : ma sculpture, mes meubles, mes tapis sont d’un peintre… ». Récemment il a fait l’objet d’une exposition intitulée « Rougemont. L’aquarelle et son double. » de septembre à octobre 2020 à la galerie Anne Clergue à Arles, puis d’une autre, « De la feuille au volume », à la galerie Diane de Polignac à Paris du 7 janvier au 20 février 2021.

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