Matisse et la couleur : 20 pochoirs et papiers découpés de l’artiste exposés à Paris

Ouvrage iconique d’Henri Matisse, Jazz n’aurait pas vu le jour sans la ténacité de son éditeur, Tériade. D’ailleurs c’est Katina, filleule de Tériade, et son mari Costa qui ont confié à la galerie de l’Institut cet ensemble de vingt planches uniques, constituant le bon à tirer (BàT) de Jazz, dernier stade avant l’impression. Un geste remarquable car Katina avait reçu ces planches – exceptionnelles par leur technique de pochoir – en cadeau de mariage. Retour sur cette précieuse petite collection, qui met à l’honneur des pochoirs et papiers découpés uniques du peintre.

De la peinture au papier découpé

En 1942, Tériade propose à Matisse de créer un livre sur le thème de la couleur. Le peintre refuse. Tériade n’abandonne pas et lui demande de travailler à sa revue, « Verve ». Peu à peu, l’artiste va adhérer à la proposition de son éditeur. Il crée d’abord une maquette en papiers découpés, actuellement conservée au Musée national d’art moderne. Il faut ensuite passer au stade de l’impression. Mais Matisse, méticuleux, ne retrouve pas ses couleurs dans les différentes techniques proposées. On envisage finalement la fabrication de pochoirs réalisés avec les mêmes gouaches de la marque Linel, une technique qui reproduit parfaitement les couleurs.

Henri Matisse, Le Cow-boy [pl. XIV de Jazz], Pochoir, papier blanc découpé épinglé sur vélin d’Arches 42, 5 x 60 cm ©️Galerie de l’Institut, Paris

Au dernier stade, l’artiste redécoupe certaines formes, les épingle, pose une touche de peinture, écrit quelques remarques et signe « HM ». Ce sont ces feuilles définitives qui composent ce bon à tirer. Pourquoi l’avoir baptisé Jazz ? Tériade a proposé Cirque, un thème proche des éléphants et autres acrobates découpés à l’origine par Matisse. Peu à peu, Cirque s’efface devant Icare et les Lagons bleus. Naît alors le titre Jazz, qui ne relève pas de l’iconographie mais du travail de l’artiste. Selon lui, « ces planches sont une improvisation chromatique et rythmée ». Jazz est tiré à deux cent cinquante exemplaires avec texte, et cent avec seulement les figures.

Henri Matisse, Icare [pl. VIII de Jazz], pochoir, rehaussé de gouache rouge, sur vélin d’Arches 42, 5 x 60cm ©Galerie de l’Institut, Paris

À voir

« Jazz d’Henri Matisse »
Galerie de l’Institut
12 rue de Seine, 75006 Paris
galerie-institut.com
Du 17 mars au 23 avril

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