Le top des expositions gratuites à savourer cet été

Offrez-vous donc un bon bol d’art cet été ! Pour faire le plein de beauté, inspirez, puis soufflez en poésie devant les expérimentations d’André Masson à la galerie Alexis Pentcheff. Puis, recommencez devant le dialogue de Tom Wesselmann avec Matisse, à la galerie Almine Rech, ou les céramiques de la galerie Capazza. Et pour le plein de lumière, déambulez entre les sculptures d’Hugues Dubois à la galerie Origines. De son côté, la galerie Éric Linard célèbre les années Pop. Bref, pour un été en beauté, en couleur et en lumière, suivez notre sélection de 9 expositions à découvrir gratuitement.

1. Les expérimentations d’André Masson

Plutôt spécialisé dans le début du XXe siècle, Alexis Pentcheff avait hâte d’organiser cette exposition dédiée à André Masson. « Juste après avoir montré Dora Maar, cela fait le lien avec le surréalisme, tout en s’inscrivant dans notre ligne d’artistes ayant eu un fort ancrage dans le sud de la France », souligne-t-il. Au total, quatre-vingt-dix œuvres de différents médiums, patiemment recherchées au cours des dernières années, couvrent l’ensemble d’une carrière où curiosité et expérimentation étaient sans cesse renouvelées. Ainsi, l’une des œuvres les plus emblématiques et les plus coûteuses est ce Fond de la mer (Hommage à Botticelli) de 1937 qui marie sable, coquillages et algues sur panneau. Mais le marché d’André Masson se révèle très élastique, avec des premiers prix à 3000 € pour les dessins des années 1960. « Son œuvre est parfois considérée avec complexité, entre intellectualisme et poésie, et certaines périodes sont sous-estimées. Nous conseillons donc fortement à nos collectionneurs d’investir ! », ajoute Alexis Pentcheff.

« Masson, un prophète »
galerie Alexis Pentcheff
131, rue Paradis, 13006 Marseille
www.galeriepentcheff.fr
du 13 mai au 15 juillet

André Masson, Le Fond de la mer…, 1937, sable, coquillage, algues sur panneau, 27 x 35 cm ©Galerie A. Pentcheff, Marseille

2. Gilgian Gelzer sort des sentiers battus

Éditeur fort apprécié des artistes, Michael Woolworth a souhaité entraîner Gilgian Gelzer et l’accompagner techniquement vers d’autres territoires. Réputé en effet pour la fluidité de son trait, se référant au free jazz, l’artiste s’est laissé séduire par la gravure sur bois, qui peut paraître rugueuse au premier abord. Ayant débuté en 2015, avant de se confronter aux grands formats en 2018, Gelzer a remporté ce challenge, avec une quarantaine de nouvelles pièces (de 600 € à 2500 €).

« Gilgian Gelzer. Soul Tracks »
Atelier Michael Woolworth
2, rue de la Roquette, 75011 Paris
www.michaelwoolworth.com
du 5 mai au 29 juillet

Gilgian Gelzer, Soul Tracks XI, 2021, bois gravé sur vélin, 10 ex., 164 x 124 cm ©Atelier Michael Woolworth, Paris

3. Tom Wesselmann, un dialogue avec Matisse

Qui se doutait que Tom Wesselmann avait possédé onze ouvrages sur Matisse, qu’il se plaisait à effeuiller et annoter ? Célèbre pour son Great American Nude dont les variantes habitent son œuvre profondément marquée par le Pop Art, Tom Wesselmann (1931-2004) a élaboré une esthétique fondée sur des formes aux contours précis et des aplats de couleurs vives, expression d’une vision hédoniste et sensuelle de l’existence. Pour cette quatrième exposition personnelle de l’artiste en ses murs, la galerie Almine Rech dévoile une facette méconnue, la fascination de Wesselmann pour Matisse, qui a inspiré et porté toute son œuvre. Dès le milieu des années 1950, Wesselmann est captivé par le maître du fauvisme, découvert lors de ses études. Le chromatisme de Matisse et ses découpages sont très certainement présents dans son esprit quand il se lance dans les déclinaisons du Great Nude. Suivront ensuite les dessins sur métal découpé au laser dans les années 1980, ou ses transpositions de motifs de nature morte de Matisse, en aluminium découpé. Cette exposition présente une vingtaine d’œuvres (huiles sur toile, collages et dessins) de 1950 aux années 2000.

« Tom Wesselmann After Matisse »
galerie Almine Rech
64, rue de Turenne, 75003 Paris
www.alminerech.com

du 11 juin au 30 juillet

Tom Wesselmann, Sunset Nude with Matisse Odalisque, 2003, huile sur toile, 304,8 x 254 cm ©Courtesy of the Estate of Tom Wesselmann and Almine Rech/ J. Sturges

4. Une nouvelle galerie à Paris

Marchand privé et art advisor depuis une dizaine d’années, Raphaël Durazzo vient d’ouvrir une galerie, considérant qu’il n’existe pas de meilleure façon de créer un dialogue avec les acheteurs ou amateurs, tout autant qu’avec les œuvres. « C’est comme recevoir à la maison et nourrir des conversations qui permettent d’entrer dans la logique de l’autre. » Sa première exposition portait sur l’identité allemande, tandis qu’il s’intéresse, pour la suite, à la couleur au sein du Bauhaus, et aux artistes surréalistes d’hier et d’aujourd’hui.

« Accrochage d’été »
Raphaël Durazzo
23, rue du Cirque, 75008 Paris
www.durazzo.fr
du 30 juin au 6 aout

Niki de Saint Phalle, L’Impératrice (Sphinx), 1983, résine peinte, 29 x 27 x 42,2 cm ©galerie Raphael Durazzo, Paris

5. Ella Bergmann-Michel enfin révélée

Faisant partie de la scène des avant-gardes du XXe siècle et amie proche de Kurt Schwitters, Ella Bergmann-Michel (1896-1971) fut néanmoins oubliée durant plusieurs décennies. Le marchand Éric Mouchet, passionné par cette artiste depuis plus de vingt ans, l’explique par sa biographie. Si elle exposa au Bauhaus et fit partie des avant-gardes dadaïste, futuriste et constructiviste, elle arrêta toute production de 1933 à 1953 en raison d’un isolement géographique et de l’ostracisme lié à la montée du nazisme. Aujourd’hui dotée d’un fond très conséquent, la galerie propose une trentaine de dessins et collages (entre 10 000 € et 80 000 €) allant de 1919 à 1926, qui accompagnent la projection de films au Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition « Allemagne années 1920 ».

« Ella Bergmann-Michel. De l’eau à la lumière. De Dada au Constructivisme »
galerie Éric Mouchet
45, rue Jacob, 75006 Paris
www.ericmouchet.com
du 7 mai au 18 juillet, puis du 25 juillet au 26 août

Ella Bergmann-Michel, Sans titre (B151), 1923, encres et graphite sur papier, 72,6 x 66,5 cm, Galerie Eric Mouchet, Paris. ©B. Hugues

6. Jean-Michel Coulon, de l’ombre à la lumière

Le mystère qui entoure l’œuvre abstraite de Jean-Michel Coulon est aussi captivant que la puissance chromatique de son travail, qui livre avec une formidable évidence ses variations quasi musicales et sa fascination pour la verticalité, de New York à la Toscane. Tel un ermite dans sa thébaïde, Jean-Michel Coulon a choisi d’édifier son œuvre dans le silence et la solitude de l’atelier, malgré un début de carrière fulgurant en 1950 chez Jeanne Bucher puis à New York avec Leo Castelli chez Sydney Janis. À sa disparition en 2014, sa fille unique, Aline Stalla-Bourdillon, découvre un ensemble intact de plus de neuf cents peintures et collages, qu’elle répertorie avec minutie et passion. Publié en 2022 aux éditions d’art Gourcuff-Gradenigo, le catalogue raisonné de l’artiste retrace toute sa vie de création. En contrepoint, cette exposition rétrospective déploie une trentaine d’œuvres allant des huiles aux touches texturées (de 4000 € à 28 000 € selon le format) aux extraordinaires collages des dernières années.

« Jean-Michel Coulon »
galerie 50
21, rue Gabriel-Péri
83740 La Cadière d’Azur
www.galerie50.fr
du 1er juillet au 31 août

Jean-Michel Coulon, Sans titre, v. 1960, huile sur bois, 27 x 46 cm ©Archives Jean-Michel Coulon/Aline Stalla-Bourdillon

7. L’été de la céramique

Pour son exposition d’été, la galerie Capazza s’associe au Centre de céramique contemporain La Borne et au Palais Jacques Cœur de Bourges, géré par le Centre des monuments nationaux. Plus de deux cents céramiques d’une cinquantaine d’artistes sont présentées dans ces lieux historiques qui mènent déjà les visiteurs dans un voyage hors du temps. Si les œuvres sont formellement diverses, elles affichent, pour beaucoup d’entre elles, une matière très dense, parfois brute, mate ou craquelée. Toutes les générations sont représentées, à commencer par les précurseurs Jean et Jacqueline Lerat ou Robert Deblander, suivis de Bernard Dejonghe ou Claude Champy, puis des benjamines Sandra Zeeni ou Wenqi Liu, avec des fourchettes de prix allant de quelques centaines d’euros à 50 000 €. Ce parcours veut montrer l’importance du travail de recherche et les spécificités techniques de la céramique, qui se renouvelle, bien qu’elle entre dans la catégorie intemporelle des « arts du feu ».

« Terra Incognita »
galerie Capazza
1, rue des Faubourgs, 18330 Nançay
www.galerie-capazza.com
du 9 juillet au 25 septembre

Centre de céramique contemporain La Borne
18250 Henrichemont
www.laborne.org
du 9 juillet au 30 août

Palais Jacques Cœur
10 bis, rue Jacques-Cœur, 18000 Bourges
www.palais-jacques-coeur.fr
du 8 juillet au 18 septembre

Robert Deblander, Double coupe céladon, v. 1985, porcelaine émaillée, 20 x 20 x 26 cm ©Isabelle Martin

8. Les années Pop d’Antoine de Margerie

Ayant amorcé un travail de redécouverte de l’œuvre d’Antoine de Margerie durant la foire Art Paris, la galerie Éric Linard le poursuit dans ses terres de la Drôme provençale. Du peintre, né en 1941 et décédé en 2005, il dévoile notamment la période pop des années 1960-1970, qui constitue un joyeux passage entre figuration et abstraction. Une trentaine de peintures sont exposées (de 16 000 € à 25 000 €), parmi un fonds conséquent, dont certaines pièces n’avaient pas quitté les réserves depuis cinquante ans !

« Antoine de Margerie. Les Années pop (de la figuration à l’abstraction) »
galerie Éric Linard
1004 route du Val-des-Nymphes
26700 La Garde Adhémar
ericlinardeditions.com
du 9 juillet au 24 septembre

Antoine de Margerie, Sans titre, 1972, acrylique sur toile, 130 x 97 cm, Galerie Eric Linard ©A de M.

9. Les sculptures en lumière d’Hugues Dubois

Considéré comme l’un des spécialistes mondiaux de la photographie d’art tribal, Hugues Dubois rencontra Michel Leveau, le fondateur du musée Dapper, dès 1984, et collabora avec d’innombrables institutions. Des Polaroid aux grands formats (entre 1000 € et 10 000 €), une cinquantaine d’images témoignent de ses voyages, notamment au Congo et en Afrique centrale. Il y développa une passion pour les portraits des figures Songye, en travaillant les rapports de volume, de relief, d’ombre et de lumière.

« Hugues Dubois, sculpteur d’ombre et de lumière »
galerie Origines
44, rue des Arènes, 13200 Arles
www.galerieorigines.com
du 4 juillet au 25 septembre

Hughes Dubois, Effigie “Fang”#2, 1992, série Portraits d’ancêtre, tirage baryté, 88 x 110 cm ©H.Dubois/Galerie Leloup, Paris

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