Le Prix du Livre d’art 2022 met en lumière une extraordinaire collection des porcelaines chinoises méconnue

Dans le cadre du festival Racines de ciel, qui s’est déroulé du 22 au 26 juin au Musée Fesch-Palais des Beaux-Arts d’Ajaccio, le 3e Prix du Livre d’art a été décerné ce samedi 25 juin à l’ouvrage de Claire Déléry et Huei-Chung Tsao, Porcelaines chinoises du palais de Santos, paru en 2021 aux Éditions du Musée national des arts asiatiques-Guimet et Lienart. Il a été sélectionné par un jury d’experts parmi une trentaine de livres en lice. Trois prix complémentaires ont également été décernés.

Une somptueuse collection pourtant méconnue

Avec une dotation de 3 000 euros, le Prix du Livre d’art du festival Racines de Ciel récompense chaque année depuis trois ans « un ouvrage qui s’adresse à un large public et offre à ses lecteurs une approche originale sur un thème, une œuvre ou un champ, dont il renouvelle l’intérêt ». Le jury de cette édition 2022 était composé de 11 personnalités du monde de l’art, parmi lesquelles Laurence des Cars, présidente-directrice du musée du Louvre, Jean de Loisy, critique d’art et commissaire d’exposition, ou encore Eric de Chassey, directeur général de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), sans compter Pascale Le Thorel, présidente du prix et du Groupe des éditeurs d’art et beaux-livres du Syndicat national de l’édition, et Philippe Costamagna, vice-président et directeur du Palais Fesch.

Porcelaines chinoises du palais de Santos de Claire Déléry et Huei-Chung Tsao, coédition MNAAG / Lienart, 480 pp., 590 illustrations, 49 €

Paru en 2021 aux Éditions du Musée national des arts asiatiques-Guimet et Lienart, Porcelaines chinoises du palais de Santos, est le fruit du travail conjoint de Claire Déléry, conservatrice du patrimoine, et d’Huei-Chung Tsao, ingénieure d’études en charge des collections chinoises du Musée national des arts asiatiques Guimet. Il met en lumière une collection unique au monde, et pourtant méconnue du grand public, de trois cents plats et assiettes conservés dans la « salle des Porcelaines » du palais de Santos à Lisbonne, aujourd’hui siège de l’ambassade de France au Portugal. Ce somptueux ensemble, constitué de pièces au décor principalement « bleu et blanc », illustre l’histoire de la production de céramiques en Chine, entre le début du XVIe siècle et la fin du XVIIIe, et son commerce avec l’Europe. Ces échanges ont donné lieu à des transferts technologiques et des créations surprenantes au sein des manufactures européennes.
En 2019, le musée national des arts asiatiques-Guimet présentait « Un firmament de porcelaines, de la Chine à l’Europe », autour d’une exceptionnelle reconstitution 3D du plafond du palais de Santos.

Remise du Prix du livre d’Art 2022 au musée Fesch d’Ajaccio ©DR

Le prix du catalogue d’exposition pour Salammbô

Le Prix du catalogue d’exposition a été décerné à Salammbô de Sylvain Amic et Myriame Morel-Deledalle, paru en juin 2021 aux éditions du Mucem et Gallimard. Catalogue de la première exposition consacrée à l’influence sur les artistes d’une des œuvres majeures de Gustave Flaubert, l’exposition « Salammbô » a été présentée au musée des Beaux-arts de Rouen en 2021, au Mucem à Marseille d’octobre 2021 à février 2022 pour être finalement dévoilée au musée du Bardo à Tunis au printemps 2022. Salammbô, roman historique de Flaubert, paru en 1862, raconte la guerre des Mercenaires au IIIe siècle av. J.-C., qui opposa la ville de Carthage aux mercenaires barbares. Profitant du peu d’informations disponibles sur la période, Flaubert y décrit un Orient à l’exotisme sensuel et violent, qui met en scène les pas­sions humaines. L’œuvre a largement nourri l’imaginaire des artistes de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours. L’exposition « Salammbô » met en lumière la portée de ce chef-d’œuvre de la lit­térature et son héritage dans l’histoire des arts et de la Méditerranée.

Couverture du lauréat du Prix du Catalogue d’exposition : Salammbô, sous la direction de Sylvain Amic et Myriame Morel-Deledalle

Le jury de cette 3e édition du Prix du Livre d’art a également souhaité distinguer l’ouvrage Leyli et Majnûn de Jâmi illustré par les miniatures d’Orient, traduit par Leili Anvar et éditions Diane de Selliers), qui reçoit le Prix spécial du jury, ainsi que l’ouvrage Le dernier des Camondo de Pierre Assouline, aux éditions Gallimard, lauréat du Prix du rayonnement du beau livre.

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