Le musée du Louvre dépoussière la nature morte : une grande exposition prévue pour la rentrée

Soixante-dix ans après la dernière grande rétrospective dédiée à la nature morte, qui s’était déroulée à l’Orangerie en 1952, le musée du Louvre accueille du 12 octobre 2022 au 23 janvier 2023 une nouvelle exposition : « Les Choses, une histoire de la nature morte », dévolue à ce type de représentations. De l’Antiquité au monde contemporain, de toutes les régions du monde et de toutes les formes de média, les œuvres qui seront présentées à l’exposition seront d’une variété exceptionnelle. En collaboration avec Thibault Boulvain et Dimitri Salmon, la commissaire Laurence Bertrand Dorléac veut révolutionner la vision de l’histoire de l’art sur ce genre souvent injustement sous-estimé.

Un genre mal nommé

L’expression « nature morte » ne rend pas compte de la vivacité et de la complexité d’un genre souvent sous-estimé, considéré comme mineur par rapport à la peinture d’histoire ou religieuse. Le questionnement de la représentation des choses et de la vie sensible est au centre de ces représentations. L’exposition de l’historienne de l’art et présidente de la Fondation nationale des Sciences politiques souhaite ainsi changer les perspectives de réflexions sur le genre.

Nan Goldin, 1st Day in quarantine, Brooklyn NY, 2020, Paris Marian Goodman Gallery ©Nan Goldin, Courtesy of the artist and Marian Goodman Gallery ©Nan Goldin

De nouvelles perspectives d’études

Un large spectre chronologique était déjà l’un des préceptes de l’exposition de l’Orangerie de 1952 : « La nature morte de l’Antiquité au XXe siècle ». L’événement était organisé par Charles Sterling, grand conservateur du musée du Louvre. Les commissaires de la future exposition ont pour volonté de rendre hommage à ce grand personnage de l’histoire de l’art mais veulent changer les points de vue pour être plus proche des savoirs et mentalités contemporains.

Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau, La Bougie rose, 1909, Washington-DC, The Phillips Collection ©The Phillips Collection

L’exposition ne sera pas concentrée seulement sur des perspectives d’histoire de l’art mais a pour objectif de traiter de la représentation des choses et de ses techniques en littérature, en poésie, en archéologie, en anthropologie, etc. La grande variété temporelle des œuvres veut permettre des dialogues entre le présent et le passé, ces dialogues étant au centre du renouvellement permanent du regard et du questionnement de la muséalité des images.

Luis Egidio Melendez, Nature morte avec pastèques et pommes dans un paysage, XVIIIe siècle, Musée National du Prado ©Museo Nacional del Prado

Une exposition hors-norme

Dans cette exposition, le Louvre veut questionner des préoccupations contemporaines qui ne sont pas forcément omniprésentes dans les musées d’art ancien, à l’instar de l’écologie ou du traitement des êtres vivants, faune comme flore, mais aussi des éléments essentiels qui font la nature morte comme la vanité, le sensible, les choses ordinaires,…

Glenn Brown, Burlesque, 2008, Pinault Collection © Photo Prudence Cuming Associates Ltd, Courtesy Gagosian Gallery © Glenn Brown / Pinault Collection

Par son ampleur, la variété des types d’œuvres présentes ainsi que leurs origines géographiques et temporelles, cette exposition est en dehors du schéma habituel de la programmation du musée le plus fréquenté du monde. Son ambition de redéfinir l’essence et le point de vue d’un genre aussi célèbre que la nature morte fait des « Choses » l’un des évènements les plus attendus de la fin d’année 2022.

« Les Choses, une histoire de la nature morte »
Musée du Louvre
Hall Napoléon, Rue de Rivoli, 75001 Paris
www.louvre.fr
Du 12 octobre 2022 au 23 janvier 2023

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