Le Louvre cherche un million d’euros pour acquérir un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne

Tout commence à la fin du XVIe siècle quand Giovanni Ambrogio Miseroni sculpte dans de l’agate une coupe surmontée d’un couvercle. L’artiste appartient à une célèbre dynastie de lapidaires milanais, les Miseroni, spécialisée dans la confection de ces œuvres d’art à des prix inestimables que s’arrachent les grands souverains européens comme l’empereur Rodolphe II. Le cardinal de Mazarin, friant de ces créations extraordinaires, achète cette coupe et son couvercle qui rejoignent les quelque deux cents vases de pierres dures de sa collection.

Une œuvre disparue durant plus d’un siècle

À sa mort en 1661, c’est Louis XIV qui les achète et cet objet précieux passe ensuite dans les collections de la Couronne, au Louvre. Malheureusement, en 1796, le Directoire le cède à l’un de ses créanciers, le Suisse Jacques de Chapeaurouge, avec 145 autres vases en pierres dures et 56 bronzes. L’œuvre disparaît pendant plus d’un siècle et demi. En 1968, la partie basse réapparaît dans une vente publique, le Louvre reconnaît cet objet grâce au numéro d’inventaire 376 gravé sur la monture et l’achète aussitôt. Mais le couvercle manque.

Pour permettre au camée de Vénus et l’Amour de rejoindre les collections nationales, le musée du Louvre lance un appel aux dons afin de réunir au minimum 1 million d’euros. © Musée du Louvre, dist. RMN-GP Hervé Lewandowski

En forme de coquille, celui-ci renferme en son centre la représentation de Vénus et de l’Amour. L’artiste italien a su jouer des veines de la pierre, utilisant le gris pour la déesse et le rose pour le putto. Grâce aux informations publiées par le musée, le propriétaire du couvercle le met en vente en 2011 mais le Louvre n’arrive pas à trouver les 1,7 million d’euros nécessaires pour l’acheter. Dix ans plus tard, l’œuvre est à nouveau en vente, mais le prix a grimpé : 2,6 millions d’euros.

Montage financier

Pour pouvoir acheter le couvercle de cette coupe de Miseroni, le Louvre lance une opération baptisée #Tousmécènes. Ce même dispositif d’appel à la générosité privée a permis d’acheter ces dernières années Les Trois Grâces de Lucas Cranach et le Livre d’heures de François Ier, entre autres. La somme versée par les particuliers est déductible à 66 % de l’impôt sur le revenu. En complément de cette somme provenant de la générosité privée, la Société des Amis du Louvre va mettre la main à la poche à hauteur de 250 000 euros. Le reste pourrait provenir d’entreprises et de donateurs français ou étrangers, contactés directement par le service Mécénat du Louvre. Il est important de réunir cette somme avant le 25 février pour que cet objet remarquable retrouve les deux autres vases précieux de l’ancienne collection de Mazarin : une grande nef taillée par Ottavio Miseroni pour l’empereur Rodolphe II et un vase antique monté à la Renaissance par Richard Toutain. Ainsi, les trois pourraient trôner dans la galerie d’Apollon parmi les anciennes collections de la Couronne, à deux pas du Régent.

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