Le grand retour de la légendaire foire d’art et d’antiquités Tefaf Maastricht sous le soleil de l’été

Pour la première fois de son histoire, la Tefaf Maastricht ouvrira au mois de juin (du 25 au 30 juin), calendrier inédit pour cette 35e édition, très attendue, de la légendaire foire néerlandaise, en raison des multiples bouleversements de la crise sanitaire. Plus de deux ans se sont écoulés depuis la précédente édition, brutalement écourtée par l’arrivée du Covid. Cette version abrégée a été suivie par deux reports et une version virtuelle, qui n’a pas pu remplacer la « vraie » Tefaf en présentiel, vibrant rendez-vous du monde de l’art international et son admirable ensemble d’œuvres de niveau muséal, de l’Antiquité à l’art contemporain.

Edition 2022

Cette édition 2 022 de Maastricht réunit deux cent quarante des plus grands marchands d’art et galeristes de vingt pays, dont plus de deux cents participants sont de retour. Cette année, la foire met tout particulièrement la France à l’honneur, avec cinquante-cinq exposants, dont six nouveaux venus dans des domaines aussi variés que la sculpture ancienne, avec la galerie Sismann, les arts décoratifs avec la galerie Marcelpoil et Sèvres, l’art moderne et contemporain avec Ceysson & Bénétière et la galerie Nathalie Obadia. Les jeunes marchands français sont également très bien placés, sous les projecteurs de la fameuse section de découverte Showcase : Imperial Art, les galeries Nicolas Bourriaud, Mendes, Pauline Pavec et Royal Provenance. Événement incontournable de l’échiquier de l’art international, la Tefaf envoie ainsi un signal fort et stimulant en direction du marché français, qui manifeste ici sa vitalité. Tous les indicateurs sont au vert pour cette édition qui devrait conforter encore un peu plus la reine des foires d’art avec cette rencontre estivale, en attendant le retour à son habituel rendez-vous hivernal, avec une Tefaf 2023 prévue du 11 au 19 mars.

Lion assis provenant d’un monument funéraire, Île-de-France, v.1375, marbre, 21 x 19 cm
Courtesy Brimo de Laroussilhe, Paris.

Un splendide présent

Cet ouvrage spectaculaire a été réalisé en 1842 sur une conception de Jean Charles François Leloy, avec un mouvement signé de Chaudé, horloger du roi à Paris, célèbre pour ses mécanismes extraordinaires. Elle est ornée de bronzes estampillés Jouin et de plaques de Sèvres représentant des agapes antiques. Cette pendule hors normes, initialement commandée par le roi Louis-Philippe pour sa salle à manger du château de Saint-Cloud, a finalement été offerte au marquis d’Aligre, pair de France, pour le remercier d’avoir donné le terrain sur lequel avait péri le prince Ferdinand Philippe d’Orléans en 1842, près de la porte Maillot, afin d’édifier la chapelle commémorative de la Compassion.

Pendule dite des Repas antiques, 1842, bronze doré, porcelaine de Sèvres, 100 x 50 x 30,5 cm
Courtesy Kollenburg Antiquaris, Oirshot, Pays-bas

Une galatée baroque

Œuvre muséale par excellence, ce tableau évoque certainement la première rencontre d’Acis et Galatée. Redécouverte récemment, cette composition baroque vient d’une collection privée vénitienne. Elle est très proche d’une œuvre éponyme de Luca Giordano (1634- 1705) conservée au palais Pitti à Florence, et d’une autre de la même période dans les collections du musée de l’Hermitage. Ces diverses versions de cette scène de la mythologie grecque relatée par Ovide ont appartenu à de prestigieuses collections telles celles du sénateur florentin et collectionneur Ascanio Sanminiati, du duc de Devonshire (Chatsworth) et de Lord Burlington.

Luca Giordano, Le Triomphe de Galatée, v. 1675, huile sur toile, 251 x 302 cm
Courtesy Galerie Colnaghi, Londres

La Vénus Genitrix

Provenant de la prestigieuse collection Pamphilj, cette œuvre d’une grâce envoûtante ornait au XVIIe siècle les jardins de la Villa Pamphilj à Rome, et est restée en mains privées jusqu’à nos jours. Véritable chef-d’œuvre, cette statue d’un raffinement extrême donne d’Aphrodite, déesse de la grâce et de la beauté, une représentation presque dansante, avec une qualité inouïe d’évocation des drapés. La fluidité des tissus qui épousent le corps met en évidence avec délicatesse et subtilité la féminité emblématique de celle qui est tout à la fois Vénus, déesse de l’amour, et Genitrix, fondatrice de la famille.

Aphrodite, dite Venus Genitrix, Rome, Ier siècle av. J.-C., marbre, 125 x 38 x 36 cm
Courtesy Galerie Chenel, Paris

Le style « à l’étrusque »

Cet ensemble d’un grand raffinement est signé de la maison Castellani, véritable dynastie d’orfèvres italiens d’origine romaine, fondée par Fortunato Pio Castellani, né en 1794. On y retrouve l’inspiration antique « à l’étrusque » qui est vraiment la marque de prédilection de la famille qui s’est passionnée pour les fouilles archéologiques en Italie, notamment en ancienne Étrurie et en Campanie, autour de Naples. Cette parure d’une parfaite élégance, fine comme une dentelle ouvragée, témoigne de la redécouverte d’une esthétique antique tout en adoptant une ligne d’une remarquable modernité.

Castellani, Parure, vers 1870, or jaune, perles fines, diamants et saphirs, dans son écrin d’origine
Courtesy Galerie Véronique Bamps, Monaco

« TEFAF »
Mecc Maastricht
Forum 100, Maastricht, Pays-Bas,
www.tefaf.com
du 25 au 30 juin

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