Julie Manet, l’Impressionnisme en héritage au musée Marmottan Monet à Paris

Julie Manet, que le musée Marmottan Monet met pour la première fois en lumière, est née, a grandi et vécu au cœur de l’Impressionnisme, ce grand courant artistique dont elle n’a eu de cesse de raviver la mémoire. Il faut dire qu’elle eut de bonnes fées. Elle est la fille unique de Berthe Morisot (1841-1895), peintre impressionniste de premier plan, et la nièce d’Édouard Manet (1832-1883). Dès l’enfance, ses familiers sont Degas, Monet, Renoir, Mallarmé (qui sera son subrogé tuteur). Elle se marie avec un peintre, Ernest Rouart, élève de Degas, et devient ainsi la belle-fille d’Henri Rouart, peintre, mécène des Impressionnistes et un des plus grands collectionneurs de peinture de l’époque. Dans le même temps, sa cousine Jeannie épouse Paul Valéry, qui rejoint la « tribu » des Morisot-Manet-Rouart dans l’immeuble familial de la rue de Villejust. Le salon de Julie et d’Ernest devient un des hauts lieux de la vie intellectuelle, artistique, littéraire, musicale, de la capitale.

Muse et collectionneuse

L’exposition éclaire tous les aspects de cette personnalité et de cette saga familiale. Julie y apparaît tout d’abord comme modèle : dès son enfance, elle pose souvent, en effet, pour sa mère, mais aussi pour l’oncle Édouard, pour Renoir…Puis pour son mari. Avec celui-ci, elle assemble une collection fabuleuse, dont nombre d’œuvres sont devenues célébrissimes. Collectionneuse, Julie reste fidèle à la tradition familiale. Son dernier achat, en 1957, sera un Nymphéa de Monet. Elle est aussi une catholique fervente, membre du tiers-ordre dominicain, et proche de Maurice Denis, dont elle possède, entre autres, un superbe Magnificat.

Portrait des couples : Ernest Rouart, Julie Manet et Paul Valery, Jeannie Gobillard (de haut en bas et de gauche à droite), pris le jour de leur double mariage, le 31 mai 1900. Paris, musée Marmottan Monet, © Franck Boucourt

Peintre amateur

L’exposition, à visée biographique, est riche d’œuvres exceptionnelles dues aux maîtres déjà cités,  et de plus modestes illustrant la vie domestique et intime. Elle se déploie sur deux étages, le second étant dévolu aux œuvres de Julie Manet qui, non seulement fut l’auteure d’un fameux « Journal », mais qui fut elle-même peintre amateur. Hélas ! Fallait-il exhiber cette peu glorieuse production ? Bah ! Redescendons parmi les Morisot, Manet, Degas et autres Renoir, et terminons heureux. Merci Julie !

Berthe Morisot, Paule Gobillard peignant 1887, huile sur toile 86 x 94 cm, Legs thérèse Rouart, 1996 Paris, Musée Marmottan Monet © musée Marmottan Monet, Paris

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