Jean-Michel Othoniel réenchantera bientôt le Palais idéal du facteur Cheval

Pour ses 110 ans, le Palais idéal du facteur Cheval s’offre un cadeau inédit. Du 15 mai au 6 novembre, Jean-Michel Othoniel réenchante le monument avec ses créations féeriques faites de verre et de lumière. Intitulée « Le rêve de l’eau », l’exposition se tiendra dans le jardin, sur les façades, dans la galerie du Palais idéal mais aussi dans l’espace muséographique dédié aux événements temporaires. Une première dans l’histoire du lieu, classé Monument historique en 1969 par André Malraux, au titre de l’art naïf.

Convoquer le merveilleux

« J’ai hâte de surprendre Ferdinand Cheval, de me perdre à nouveau dans les mystères de l’enfance, dans le monde à part de la jeunesse et dans la joie de savoir vivre et finir ma vie », explique Jean-Michel Othoniel dans un communiqué. Après le succès de son intervention au Petit Palais avec « Le Théorème de Narcisse » et sur invitation du directeur du monument Frédéric Legros, l’artiste a imaginé une exposition autour de deux éléments principaux du Palais : l’eau et la lumière. En s’inspirant des dessins préparatoires du facteur Cheval et des formes qu’il a conçues, Jean-Michel Othoniel convoque le merveilleux pour que le rêve du facteur Cheval devienne réalité, c’est-à-dire que le Palais soit animé de jeux d’eaux, de fontaines et de cascades.

Jean-Michel Othoniel, Projet pour le Palais idéal, 2022, aquarelle sur le dessin préparatoire de Ferdinand Cheval de 1882 ©Jean-Michel Othoniel/Adagp, Paris, 2022

Le choix de l’artiste n’est pas le fruit du hasard. Enfant, Jean-Michel Othoniel visitait déjà le Palais idéal : « Nous partions en vacances dans la Drôme avec ma mère, nomades pour une longue période sans mon père qui restait à l’usine, confie l’artiste. Hauterives était une destination culturelle pour cette jeune institutrice curieuse et son fils. Nous sommes à la fin des années 1960, j’ai six ans. Le château des géants, du sable, des coquillages, de la poussière, du soleil, de la fraîcheur, des grottes, des rires, du silence et se perdre dans le mystérieux de l’enfance. Le bruit des pas sur les graviers, le vertige des belvédères, la peur du labyrinthe, jouer, courir, chercher et se chercher pour comprendre où l’on est et d’où l’on vient, accepter la magie populaire, l’exotisme des livres d’histoires comme seule rêverie. »

Jean-Michel Othoniel au Palais idéal du facteur Cheval, collection Palais idéal du facteur Cheval/Photo Romain Doucelin ©Jean-Michel Othoniel/Adagp, Paris, 2022

Dialogue entre la création contemporaine et l’œuvre singulière du facteur Cheval

Dans ce premier dialogue direct entre la création contemporaine et l’œuvre singulière du facteur Cheval, grottes, alcôves, niches et détours escarpés deviennent le lieu de rencontre entre deux univers fantaisistes où l’imaginaire occupe une place primordiale. Le parcours enchanteur de Jean-Michel Othoniel à l’intérieur et autour du Palais présentera de joyaux précieux, des briques incandescentes, des perles géantes et d’autres trésors imaginés par l’artiste. Dans le « musée  antédiluvien » (où le facteur Cheval plaçait les pierres qui ne trouvaient pas de place dans son palais), l’artiste installera Oracle, une sculpture faite de briques dorées réalisées en Inde, qui « évoque autant la construction que le Sacré et le désir d’ailleurs ».

Le facteur Cheval devant la façade nord du Palais idéal ©Palais idéal du facteur Cheval

À l’intérieur du Palais, deux sculptures lumineuses reprendront la forme de la Pierre d’achoppement (qui a donné naissance à l’édifice). Faites de verre dans la tradition des maîtres verriers de Murano (avec lesquels collabore Jean-Michel Othoniel), celles-ci seront suspendues pour éclairer les plafonds et parois sculptés du monument. De même, six vitraux viendront colorer la galerie du Palais idéal sous la phrase du facteur « Où le songe devient réalité ». Leurs motifs reprendront des formes inspirées de la nature, muse commune aux deux artistes.

Vue extérieure du Palais idéal du facteur Cheval ©Agathe Hakoun

Dans l’espace muséographique, les aquarelles préparatoires du projet seront accrochées pour plonger les visiteurs dans le processus créatif de l’auteur du Kiosque des noctambules au métro Palais Royal à Paris. L’occasion de poser un nouveau regard sur les fées, géants et autres personnages et créatures mythologiques du répertoire du facteur Cheval.

L’exposition « Le rêve de l’eau » se déroulera du 15 mai au 6 novembre au Palais idéal du facteur Cheval.

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