Exposition Paris : Bijoux et chefs-d’œuvre célèbrent la beauté de la Nature au palais des Beaux-Arts

Choisie par le botaniste Marc Jeanson, ancien responsable de l’Herbier du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, et mise en espace par le designer Adrien Gardère, la vaste sélection d’œuvres illustrant le thème du végétal et présentée au Palais des Beaux-Arts de Paris séduit par sa qualité et son à propos. De l’orée de la forêt à l’intérieur d’un cabinet de curiosité, le parcours de nous entraîne du monde des plantes à son observation et à sa conservation. L’exposition « Végétal. L’École de la beauté » est présentée par la maison Chaumet et les Beaux-Arts de Paris, du 16 juin au 4 septembre 2022.

La nature dans tous ses états

« La nature est un thème central chez Chaumet depuis sa création, souligne Jean-Marc Mansvelt, le directeur général de la maison de haute joaillerie. Un document conservé aux Archives nationales révèle d’ailleurs que Marie-Etienne Nitot, le fondateur de la Maison Chaumet, se qualifiait de joaillier naturaliste ». D’où l’idée de cette exposition « Végétal » mettant en parallèle créations joaillières, dessins scientifiques et œuvres d’art sur les deux étages du Palais des Beaux-Arts de Paris.

Trois tulipes roses (1956) de Eliot Hodgkin, présenté dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

L’orée de la forêt

Dès l’introduction, on comprend bien l’intention du commissaire de l’exposition, Marc Jeanson. Une forêt de carton d’Eva Jospin voisine avec deux représentations d’artistes s’inspirant de la nature. Emile Gallé, par exemple, analyse et détaille les plantes pour mieux les reproduire dans ses compositions de verre ou de bois. Preuve de la toute puissance du végétal comme source d’inspiration.

A gauche : Forêt (2021) d’Eva Jospin, présentée dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Tous les supports, toutes les époques

Pour illustrer cet inventaire des végétaux sur le mode scientifique aussi bien qu’artistique, tous les supports et toutes les époques ont été convoqués. On voit des manuscrits anciens comme ce recueil de dessins à la plume et à l’aquarelle de Federico Cesi, sorti exceptionnellement de la Bibliothèque de l’Institut de France, mais aussi des photographies, des bijoux et des objets d’art.

Plantes et flores (XVIIe siècle) de Federico Cesi, présenté dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Au fond de l’eau

De la forêt, le parcours progresse vers l’eau avec de jolis titres de salles comme « Estran » ou « Roselière ». Les nymphéas, les algues, les coraux et les roseaux sont peints par le symboliste Alphonse Osbert ou l’impressionniste Claude Monet. Ils trouvent une troisième dimension dans une étrange algue en bronze de Sarah Bernhardt (1900) ou un bracelet Nymphéa de Jean-Baptiste Fossin (vers 1830). Surprise avec cet étrange dragon de mer en aigue-marine, émail et or !

Broche en forme de dragon de mer (vers 1900) attribuée à Georges Fouquet, présentée dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

D’incroyables prêts

En parcourant l’exposition, on s’étonne des prêts incroyables obtenus par la Maison Chaumet. Des œuvres peu vues tels ces deux dessins de bourgeons et de feuillages par le jeune Le Corbusier (1909) ou ce croquis de nénuphar d’Yves Saint Laurent pour un spectacle de Zizi Jeanmaire (1972). Dans la section « Ager », dédiée à l’agriculture, on s’étonne devant les études de feuilles d’Eugène Delacroix (vers 1823), venues de Brême, ou devant les aquarelles et gouaches de Ogi Gengai et Mikuma Shiko (XVIIIe siècle), sorties de la Bibliothèque de l’Institut de France.

Bourgeons et feuillages (1909) de Le Corbusier, présenté dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

Le triomphe des Millefleurs

L’exposition se termine par une salle baptisée Millefleurs en hommage à la longue tapisserie Renaissance venue du musée de Pistoia. Dans un all over de plantes, quelques animaux gambadent allègrement. Aucune figure humaine ne vient troubler cet Eden végétal. En face, près d’une table en pierres dures aux motifs floraux, deux des quatre Saisons du maniériste Arcimboldo montrent que l’humain peut se fondre totalement dans le végétal.

Table en pierres dures (XVIIe siècle), L’Eté et Le Printemps (1573) de Arcimboldo, présentés dans l’exposition « Végétal » au Palais des Beaux-Arts de Paris, 2022 (©Guy Boyer).

« Végétal. L’École de la beauté »
Palais des Beaux-Arts, 13 quai Malaquais, 75006 Paris
www.beauxartsparis.fr
du 16 juin au 4 septembre

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