En Autriche, des bronzes volés d’une valeur d’un million d’euros sauvés in extremis de la fonte

La mémoire du sculpteur autrichien d’origine grecque Joannis Avramidis (1922-2016) refait aujourd’hui surface à travers un scénario digne d’une mauvaise comédie. Cinq reliefs et deux sculptures en bronze de l’artiste, estimés plus d’un million d’euros, ont été sauvés de la fonte après que des voleurs maladroits les aient pris pour de la ferraille. La police viennoise, avec le soutien de la force opérationnelle de lutte contre la criminalité de rue (EGS), unité spéciale de la police fédérale autrichienne, a réussi à arrêter les deux auteurs des faits, âgés de 37 et 41 ans.

1 million d’euros qui ont failli finir à la poubelle

Tout commence le mois dernier, où sept œuvres de l’artiste autrichien Joannis Avramidis ont été volées dans un atelier du quartier Leopoldstadt de la capitale autrichienne. Le 9 juin, deux suspects ont été arrêtés par les autorités locales. La raison ? Le duo, qui avait pris les bronzes et reliefs pour de la ferraille, avait vendu les œuvres d’art à une entreprise de recyclage pour quelques milliers d’euros. Celles-ci devaient être fondues « de manière imminente », a expliqué la police au magazine américain « Newsweek ». D’après les forces de l’ordre, l’ensemble des œuvres pèserait près d’une tonne. Alors que les charges potentielles contre les suspects sont pour le moment inconnues, la police a déclaré que les œuvres d’art avaient été rendues à leur propriétaire légitime, resté anonyme.

L’une des deux sculptures en bronze qui ont été volées dans un atelier à Vienne ©️Direction de la police nationale de Vienne / Zenger

De la ferraille qui n’en est pas une

Joannis Avramidis (1922-2016) est particulièrement célèbre pour ses sculptures en bronze plus grandes que nature. Dès l’après-guerre, il s’essaye à des expérimentations plastiques et suit les cours de Fritz Wotruba (1907-1975), l’un des plus prestigieux sculpteurs autrichiens du XXe siècle. Dans les années 1950, il impose petit à petit sa patte avec ses sculptures aux formes abstraites qui dessinent une silhouette humaine, à la manière de quilles anthropomorphes. Après avoir rencontré le succès en représentant l’Autriche à la 31e Biennale de Venise de 1962, il devient, en 1965, professeur de sculpture à l’Académie des beaux-arts de Vienne, métier qu’il exerce jusqu’à sa retraite en 1992. une rétrospective posthume lui a été consacrée au Léopold Museum en 2017, considérée comme la plus grande exposition de son œuvre à ce jour en Autriche. Le 1er juin dernier, son Groupe moyen de deux personnages (1964) a été vendu 175 000 € par la maison de vente allemande Kunsthaus Lempertz, devenant ainsi l’œuvre la plus chère de l’artiste.

Les sculptures de l’artiste suggèrent le corps humain sans le définir. Ci dessus-, sa sculpture en bronze Polis devant la Neue Nationalgalerie à Berlin-Tiergarten ©️Wikimedia Commons / Axel Mauruszat

Cette histoire n’est pas sans rappeler les nombreux tableaux qui avaient été retrouvés dans une benne à ordures dans le Connecticut, en 2017. Le mécanicien qui avait retrouvé les pièces ignorait qu’il s’agissait de tableaux de Francis Hines (1920-2016), artiste new-yorkais des seventies autrefois très en vue, qui pourraient valoir plusieurs centaines de milliers de dollars.

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