Découvertes en Égypte, des centaines de céramiques prouvent que les punitions existaient déjà dans les écoles il y a 2000 ans

Fin janvier, des archéologues et des étudiants de l’université allemande de Tübinger ont découvert, sur le site d’Athribis, en Basse-Égypte, plus de 18 000 poteries qui dateraient d’il y a environ 2 000 ans. La présence de traces manuscrites sur les restes de récipients et de jarres prouvent qu’ils étaient utilisés comme support d’écriture. Les tessons portant des inscriptions, connus sous le nom d’ostraca, documentent l’activité humaine du site : une liste de noms divers, des mentions de différents aliments, ainsi que des lignes écrites par des élèves, probablement données en guise de punition. Les archéologues s’interrogent sur le sens de ces artefacts.

Un foyer de la céramique

Les égyptologues de Tübingen travaillent à Athribis depuis 2003. Les fouilles de fin janvier 2022 ont été menées par le professeur Christian Leitz de l’Institut d’études du Proche-Orient ancien (IANES) de l’université de Tübingen, en collaboration avec l’équipe du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités. Après avoir trouvé des débris de céramique, les archéologues se sont demandés quel était leur signification. Il s’agirait d’ostraca, tessons qui étaient utilisés comme matériel d’écriture dans l’Antiquité égyptienne. Les dessins et inscriptions étaient réalisées à l’encre, à l’aide de roseaux. Cela confirme les résultats des différentes fouilles engagées au XIXe et XXe siècle, qui ont fait d’Athribis un lieu célèbre pour sa production de céramique et de faïence. Mais selon les chercheurs, il est « très rare de trouver un volume aussi important d’ostraca ».

Reçu pour du pain en démotique. Les pains sont distribués par multiples de 5 (souvent 5, parfois 10 ou 20). De nombreux acheteurs sont des femmes (Fin de la période ptolémaïque ou début de la période romaine) ©️Athribis-Projekt Tübingen

Des renseignements sur la culture matérielle de l’Égypte antique ?

Le professeur Christian Leitz affirme que ces pièces de céramique proviennent probablement d’une ancienne école. Elles laissent apparaître dessins, figures, exercices scolaires : « Il y a des listes de mois, de nombres, des problèmes d’arithmétique, des exercices de grammaire et un “alphabet d’oiseau” – chaque lettre a été attribuée à un oiseau dont le nom commence par cette lettre », a-t-il déclaré dans un communiqué. L’équipe de recherche affirme que « près de 80 % des tessons de pots sont inscrits en démotique, l’écriture administrative commune aux périodes ptolémaïque et romaine, et qui s’est développée à partir du hiératique après 600 avant Jésus-Christ ». Mais les chercheurs ont retrouvé des passages de textes écrits en hiératique, une forme simplifiée de hiéroglyphes, qui était encore enseignée aux enfants. Par ailleurs, l’existence de plusieurs langues, comme le grec, l’arabe ou le copte, témoigne de l’histoire multiculturelle de la ville.

Dessin d’un babouin et d’un ibis, les deux animaux sacrés de Thot, le dieu de la sagesse ©️Athribis-Projekt Tübingen

Mais les surprises ne s’arrêtent pas là. Sur certains ostraca figuraient des représentations animalières et mythologiques, tels que des scorpions, des humains, des hirondelles, des dieux, et même des figures géométriques. Sur plusieurs centaines de pièces de poteries, un caractère, qui est répété à l’avant et à l’arrière, atteste, selon les archéologues, de l’existence d’un système de punition manuscrit, réservé aux mauvais élèves. Cette découverte est l’une des plus grandes exhumations de tessons de céramique couverts d’écritures jamais effectuée en Égypte.

Comptabilité des offrandes – argent, vin, huile de ricin, blé et orge – à la déesse du temple Repit. (Fin de la période ptolémaïque) ©️Athribis-Projekt Tübingen

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