Découverte d’un exceptionnel trésor archéologique vieux de 3000 ans dans l’Allier

Une équipe de recherche sous la direction de Pierre-Yves Milcent, de l’Université de Toulouse Jean Jaurès et du laboratoire TRACES-UMR 5608, a mis au jour au cours du mois d’août deux dépôts métalliques datant de l’âge du Bronze (environ 2200 – 800 av. J.-C.) sur un site situé près des gorges de la Sioule, à proximité de Gannet, dans le sud de l’Allier. Deux importants dépôts y avaient déjà été exhumés en 2020. Il s’agit de l’habitat de l’âge de Bronze ayant livré le plus grand nombre d’objets métalliques en France, et de l’un des sites les plus riches d’Europe pour la période.

Des centaines d’objets métalliques entiers

Des deux dépôts découverts cette année, l’un est constitué d’une série de lames de hache soigneusement déposées tête-bêche dans une fosse, tandis que l’autre était placé dans un pot recouvert par une assiette. Les deux dépôts sortis de terre l’année dernière étaient quant à eux presque identiques : chacun était constitué de plusieurs dizaines d’objets et avait été placé dans un vase en céramique décoré. Ils possédaient en partie les mêmes types d’objets (bijoux, poignards, galets de rivière…), placés dans les vases de la même façon et selon le même ordre.

Une tomographie CETSO du contenu du dépôt F17 (avant la fouille) a été effectuée en septembre 2020. ©Pierre-Yves Milcent, Laboratoire TRACES-Université de Toulouse Jean Jaurès

Un grand habitat fortifié

Le site au sein duquel ces dépôts ont été retrouvés est également notable. Si les habitats fortifiés étaient nombreux durant l’âge du Bronze, celui-ci, qui date de la fin de la période, est l’un des plus grands connus à ce jour (environ trente hectares). Il était défendu par deux lignes de fortifications parallèles sur environ 350 mètres. Les deux lignes fortifiées correspondent à un mur précédé d’un glacis taillé dans la roche. Dans le rempart externe, deux fils de poteaux armaient des caissons de bois remplis de pierres sèches.

Fouille en laboratoire du dépôt F14. ©C. Frésillon, CNRS, Laboratoire TRACES-Université de Toulouse Jean Jaurès, Photothèque CNRS

Des découvertes qui éclairent les pratiques d’enfouissement volontaire

Les découvertes de ce site éclairent une pratique emblématique de l’âge du Bronze européen : l’enfouissement volontaire et organisé de richesses métalliques dans des lieux qui ne sont ni des sépultures ni des temples. Il reste beaucoup à apprendre à ce sujet ; c’est la première fois en France que des chercheurs peuvent observer cette sélection d’objets et cette répétition des gestes.

En juillet 2021, un dépôt métallique recouvert d’un assiette a été découvert. ©Pierre-Yves Milcent, Laboratoire TRACES-Université de Toulouse Jean Jaurès

Elles témoignent de rituels, peut-être dans le cadre de la fondation ou au contraire de l’abandon de l’habitat fortifié. En tous les cas, elles appuient l’hypothèse d’offrandes volontaires. Des analyses sont en cours et permettront de vérifier les premières suppositions émises durant les fouilles de 2020. Les archéologues déplorent néanmoins des pillages sur ce site en 2017 qui, effectués sans précaution, ont mené à la perte d’informations importantes.

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