Découverte à Blois des vestiges d’un jeu de paume, témoin de la métamorphose de la ville à la Renaissance

On connaît le jeu de paume pour le serment et le musée du même nom. Mais le jeu de paume, ancêtre de la pelote basque et des sports de raquettes, est avant tout un sport pratiqué depuis plusieurs millénaires. Initialement joué à main nue ou gantée de cuir, il consiste à renvoyer une balle au-dessus d’un filet. Relativement tombé aux oubliettes, le sport refait surface avec la découverte à Blois d’un terrain de jeu de paume du XVIe siècle par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). D’après les archéologues, cette trouvaille met en lumière la métamorphose de Blois en ville royale.

Du XIIIe au XVIIIe siècle

En préalable à la construction d’un espace commercial, les équipes de l’Inrap fouillent depuis octobre dernier le sol de l’îlot Saint-Vincent, un quartier situé au cœur de Blois, mais hors de l’espace clos par l’enceinte du XIIIe siècle. C’est dans un trou béant de 6250 m² que s’activent les archéologues qui tentent de révéler les secrets de la ville antique, médiévale et moderne qui surgissent au fil des mois. Les dernières fouilles ont révélé plusieurs infrastructures, comme des fondations médiévales. Celles-ci constitueraient les fondements d’un faubourg du XIIIe siècle, autrefois installé dans le fond d’un vallon où coulait une rivière, l’Arrou, canalisée au début du XIXe siècle.

Les sous-sols de l’îlot Saint-Vincent abritent la mémoire antique, médiévale et moderne de la ville ©️Capture d’écran Instagram @villedeblois

Le site a également livré de précieux vestiges, comme une chaussée du XVe siècle bordée de murs ou, plus récentes encore, certaines fondations de bâtisses et des espaces de circulation qui « pourraient témoigner des aménagements entrepris sur le site par les Jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles », explique Didier Josset, responsable du chantier de fouilles.

Du faubourg médiéval à la ville royale

La découverte d’un terrain de jeu de paume, retrouvé près de jardins aménagés au XVe siècle et à la Renaissance, a retenu l’attention des chercheurs. Datant du XVIe siècle, il représente l’un des vestiges les mieux conservés qui nous éclaire sur l’évolution urbaine de la ville. Parvenu en très bon état, le sol de ce rectangle de jeu de 33 mètres de long et 10 mètres de large comporte toujours les tommettes en terre cuite sur lesquelles piétinaient les joueurs. Les archéologues ont également mis au jour les ruines des murs sur lesquels rebondissait la balle. « Ces murets pouvaient permettre aux joueurs d’effectuer des rebonds assez surprenants et donnaient du piquant au jeu », précise Didier Josset.

Le terrain de jeu de paume est pavé de carreaux de terre cuite ©️Capture d’écran Instagram @Inrap

D’après les archéologues, la découverte de cet espace témoignerait de la métamorphose de la ville aux XVe et XVIe siècles. Blois connaît en effet une urbanisation croissante dès 1498, date à laquelle elle devient la ville de résidence du souverain Louis XII (1462-1515), voyant ainsi fleurir de nombreux hôtels particuliers au cœur de la cité et d’autres habitations en dehors de la ville médiévale, à l’instar de celles découvertes sur l’îlot Saint-Vincent. Un terrain de jeu de paume, sport très prisé par la cour, prend ici tout son sens dans une ville où s’est assise l’autorité du roi à la fin du XVe siècle.

Le 14 octobre prochain, les fouilles devront s’arrêter pour laisser place au chantier du futur espace commercial, qui s’ouvrira à l’horizon 2025.

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