Décès du peintre Pierre Carron, ancien président de l’Académie des beaux-arts

Peintre, sculpteur, professeur, académicien… Pierre Carron a eu plusieurs vies. Fidèle à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il y donne des cours pendant 30 ans. Il est élu en février 1990 au fauteuil de Félix Labisse (1905-1982) à l’Académie des beaux-arts, avant de présider l’institution en 2002 et en 2019. L’artiste et professeur décroche quelques grands prix, comme le prix de la Critique en 1957 et le Grand Prix de Rome en 1960, et est décoré de nombreux titres honorifiques comme la Légion d’honneur, l’ordre national du Mérite, l’ordre des Arts et des Lettres, et l’ordre des Palmes académiques.

De la craie au pinceau

Né en 1932 à Fécamp en Normandie, Pierre Carron s’investit jeune dans la peinture : il abandonne les études entreprises au lycée François Ier du Havre pour se consacrer entièrement au dessin. Il suit ensuite des cours à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs et entre en 1951 à l’École des beaux-arts de Paris. Dans les années 1950 et 1960, il commence à se tailler une réputation, et décroche le Premier Grand Prix de Rome en 1960. C’est en 1967 qu’il est nommé professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts, avant d’y fonder le groupe de recherche Moyens d’expression plastique, ainsi que le cours Analyse d’une œuvre.

Pierre Carron , Mauvaise joueuse, huile sur toile, 2010 ©️Pierre Carron

De la salle de classe à l’atelier, de la craie au pinceau, Pierre Carron cultive sa pratique intime des arts plastiques, notamment avec la peinture. Des motifs simples imprègnent son œuvre : les jardins, les portraits, les natures mortes, la mer, le paysage… Dans ces thèmes souvent classiques, il introduit un style fantaisiste, une touche de poésie, d’humour ou d’excentricité. Il aime dépeindre un monde où hommes et femmes sont des pantins désarticulés, figés dans leur étrange apparence. À ce titre-là, son tableau Mauvaise Joueuse (2010), marqué par ses couleurs et sa fantaisie, pourrait presque faire penser à une œuvre de la Nouvelle Objectivité allemande des années 1920. Artiste multi-support, il réalise de 1993 à 2002 des cartons pour les vitraux du chœur de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, ouvrant le sacré à des propositions plus personnelles. « La peinture, c’est comme un labyrinthe de travail… et tout d’un coup quelque chose se passe et vous trouvez… comme une pêche miraculeuse », disait-il.

Pierre Carron, vitrail (détail de la baie 11) de la chapelle Saint-Charles-Borromée de la cathédrale d’Orléans, 1993-2002 ©️Pierre Carron

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