Deauville, ses plages et ses plaisirs sous le pinceau de Van Dongen

Du 2 juillet au 25 septembre 2022, Jean-Michel Bouhours, le commissaire de l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant », propose une relecture de l’œuvre du peintre hollandais à l’aune de la Côte normande, des bains de mer, de la fête et du jeu. Un joyeux rassemblement de peintures et dessins dans ce nouvel équipement de Deauville installé dans un ancien couvent des Franciscaines. Plus d’une centaine d’œuvres sont réunies à cette occasion pour retracer la carrière de cette figure emblématique du fauvisme attachée à ville normande.

Deauville en aquarelles

Pendant une cinquantaine d’années, le Hollandais Kees Van Dongen (1877-1968) fréquente Deauville et ses environs. C’est pourquoi l’exposition des Franciscaines a décidé de placer son buste au milieu du coffret « Deauville », publié en 1931 à la demande d’Eugène Cornuché. Ce recueil de lithographies permet au couturier Paul Poiret, auteur du texte, de travailler avec Kees Van Dongen qui avait portraituré sa femme Guus dès les années 1910. D’un trait rapide, Van Dongen croque la ville d’eau, ses divertissements et ses habitués.

Buste de Van Dongen (1939) de Gustinus Ambrosi au milieu des lithographies du coffret « Deauville » (1931) de Kees Van Dongen et Paul Poiret, présentés dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

Deauville en peinture

Dès le début du parcours, après un joli ensemble de dessins rappelant les débuts montmartrois de Van Dongen, on aborde ses liens avec la côte normande. De 1921 à 1963, l’artiste vient régulièrement l’été à Deauville. Il y croise Foujita, Suzy Solidor, Coco Chanel et Jacques Henri Lartigue. Il s’implique dans la vie mondaine de cette société privilégiée. Pourtant, dès 1913, il a représenté la mer et la navette maritime reliant Le Havre à Trouville. Enfin, en 1961, il réalise l’affiche du centenaire de la ville avec une vue de plage représentant le célèbre Bar du soleil sur les planches.

Deauville, le bateau du Havre à Trouville (1913) de Kees Van Dongen, présenté dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

Hippisme et bain de mer

Deux thèmes sont récurrents dans les représentations de Deauville par Kees Van Dongen. D’un côté, les courses de chevaux (ce chapitre rappelle que l’œuvre préférée de l’artiste est La Chimère-Pie, une vaste toile commencée en 1895 qu’il garde dans son atelier comme un fétiche). De l’autre, les bains de mer (ici bien mis en avant avec la toile Le Bar du soleil, à droite, qui montre les parasols colorés des plages de Deauville).

De gauche à droite : La Chimère-Pie (1895-1906), La Baigneuse de Deauville (1920) et Le Bar du soleil (vers 1940) de Kees Van Dongen, présentés dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

Au rythme du tango

Dans les années 1910, le goût pour le tango est tellement fort à Deauville qu’on baptise Le Tango le train reliant la capitale à la côte normande et que la ville est surnommée Tangoville. Cette danse sensuelle au rythme envoûtant est le sujet d’une grande toile de Van Dongen où un couple danse avec frénésie. Le corps nu de la danseuse en chaussures à talons rouge et vert se colle à celui, plus raide, du danseur-ange en costume noir mais en escarpins vernis.

Le Tango de l’archange (1920-1935) de Kees Van Dongen, présenté dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

Sur les champs de course

Aux grandes toiles fauves et expressionnistes venues de Monaco succèdent des œuvres plus faibles, nostalgiques et tardives, qui montrent la passion de Van Dongen pour les champs de course. Passant « du cheval au chevalet », il souligne les rituels hippiques, du paddock à la course. Le peintre en profite pour montrer les belles en grandes tenues qui n’ont rien à envier aux purs-sangs racés.

De gauche à droite : L’Amazone (vers 1950), Polo à Alexandrie (1949) et Rencontre au bois (1950) et Polo (1957) de Kees Van Dongen, présentés dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

Sur la plage

Si certains tableaux panoramiques sont fondés sur l’alignement des cabines de plages colorées et des baigneurs prenant leurs premiers bains de soleil, d’autres affichent un caractère plus intime, voire érotique. Ici, une femme nue, allongée sur le sable, écarte les jambes face au spectateur qui se promène sur les planches. Elle rappelle que la plage de Deauville, orientée vers l’ouest, est la seule où l’on se fait bronzer sans voir la mer.

Deauville (1938) de Kees Van Dongen, présenté dans l’exposition « Van Dongen. Deauville me va comme un gant » aux Franciscaines, Deauville, 2022 ©Guy Boyer.

« Van Dongen, “Deauville me va comme un gant” »

Les Franciscaines
145 avenue de la République, 14800 Deauville
Du 2 juillet au 25 septembre

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