De Vinci et Raphaël en NFT : les musées italiens vendent des répliques numériques de 6 chefs-d’œuvre

« Eterniser l’histoire de l’art » signifierait-il la rendre numérique ? C’est du moins ce que suggère la galerie Unit London (pionnière dans la vente des contenus numériques depuis sa création en 2013) avec « Eternalising art history : from Da Vinci to Modigliani », son exposition de versions numériques d’œuvres emblématiques de peintres italiens, de Modigliani à Raphaël, mis en vente sous forme de NFTs, du 16 février au 19 mars 2022. Chacune de ces répliques parfaites sur écran de six chefs-d’œuvre, dont La Madonne du Chardonneret de Raphaël (1483-1520) ou La Coupe de fruits du Caravage (1571-1610), est ainsi disponible sur la blockchain de l’Ethereum et montrés pour la première fois au Royaume-Uni. Les recettes des ventes seront partagées entre la galerie et les quatre musées italiens partenaires où les originaux sont conservés : la galerie des Offices à Florence, le Complesso Monumentale della Pilotta à Parme et la Pinacothèque de Brera et la Pinacothèque Ambrosienne, toutes deux à Milan.

De Léonard de Vinci à Modigliani

Portrait d’un musicien (1490) et La Scapigliata (1491-1501) de Léonard de Vinci, La Madonne de Chardonneret (1506) de Raphaël, La Coupe de fruits (1597-1601) du Caravage, Le Baiser (1896) de Francesco Hayez, Tête de jeune fille (1915) d’Amedeo Modigliani… en six peintures, l’exposition offre un aperçu de la peinture italienne du XVe au XXe siècle, « de la période de la Renaissance au romantisme du XIXe siècle et à l’abstraction moderniste », d’après le communiqué de la galerie Unit London. Les chefs-d’œuvre ont été reproduits très précisément dans une version numérique créée par la société italienne spécialisée Cinello qui a breveté la technologie – Digital Art Work (DAW). Ainsi, ces pièces ne sont pas considérées comme des copies mais bel et bien comme des œuvres d’art à part entière. Pour être toujours plus proche de la réalité, les cadres autour des écrans sont également des reconstitutions de ceux qui entourent les tableaux originaux. Ils ont été créés sur mesure pour l’occasion en Toscane.

Raphaël, La Vierge au chardonneret, huile sur toile, 107 cm x 77 cm, galerie des Offices, Florence ©️Wikimedia Commons

Les institutions artistiques restent propriétaires des droits de l’œuvre

L’acheteur d’un nouveau genre recevra donc physiquement l’écran, de quoi générer l’image, le cadre et le certificat d’authentification, l’œuvre numérique en NFT et son accès. Il aura le droit de revendre le DAW, dans ce cas-là, les musées recevront également des dividendes sur les potentielles ventes ultérieures. Les institutions artistiques restent toutefois propriétaires des droits de l’œuvre pour éviter des usages commerciaux incontrôlés des répliques numériques, leur accord devra être systématique donné pour qu’elle puisse être reproduite.

Léonard de Vinci, La Scapigliata, v. 1500 -1510 huile sur panneau, 24.6 cm x 21 cm, gallerie nationale de Parme, Parme ©️Wikimedia Commons

Les toiles seront vendues entre 100 000 et 500 000 livres pièce (soit entre 119 600 et 598 000 euros) et neuf exemplaires seront édités par Unit London. Les acheteurs pourront régler en Ethereum ou en monnaie fiduciaire selon leur préférence. Les bénéfices de la vente seront quant à eux partagés entre la galerie et les musées italiens. En mai dernier, la version numérique du Tondo Doni de Michel Ange, déjà reproduite par Cinello pour la galerie des Offices, avait été vendue 140 000 euros. Deux autres expositions du même type doivent suivre à la galerie londonienne, il est déjà possible que les institutions italiennes en soient aussi partenaires.

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