De Marie-Antoinette à Buren : les tendances du marché de l’art en 4 belles ventes

Tandis que le début de la pandémie avait temporairement perturbé le calendrier et la performance du marché de l’art, les maisons de ventes aux enchères ont annoncé des résultats historiques pour 2021, à l’international comme en France. La maison française Aguttes affiche le « meilleur résultat jamais atteint depuis sa création en 1974 ». Tandis que celle-ci a vendu un remarquable portrait disparu de la reine Marie-Antoinette en novembre dernier, un bijou exceptionnel de Cartier, datant de 1940, a été adjugé 20 500 € chez HVMC. Retour sur quatre belles ventes du marché de l’art français. De William de Kooning à Daniel Buren, il y en avait pour tous les goûts.

Willem de Kooning, Untitled (Man and Woman)  : 5 595 500 €

Né à Rotterdam en 1904, Willem de Kooning part clandestinement pour New York en 1926. À Greenwich Village, il rencontre les jeunes artistes, découvre la peinture de Chaïm Soutine, qui le fascine. Dix ans plus tard, il décide de se consacrer à la peinture, fréquente Marcel Duchamp et Jackson Pollock. En 1947-1948, il oscille entre figuration et abstraction, comme on le voit dans « ce tableau encore plongé dans la figuration », souligne Marion Richard, expert chez Tajan. Cette œuvre rare a obtenu un très beau prix, sans doute lié à l’exposition Soutine/De Kooning qui s’est tenue au Musée de l’Orangerie.

L’œuvre a été adjugée 5 595 500 € chez Tajan, à Paris, le 1er décembre 2021.

Willem de Kooning, Untitled (Man and Woman), 1947-48, huile, graphite et fusain sur papier marouflé, 54,5 x 42,5cm

Joseph-Siffred Duplessis et son atelier, Portrait de Marie-Antoinette : 175 500 €

Lorsque Grégoire Lacroix, expert en tableaux anciens chez Aguttes, a vu la photo de ce tableau dit « La Petite Marquise », il a tout de suite reconnu Marie-Antoinette. « De cette huile de Duplessis, on ne connaissait qu’une reproduction en noir et blanc disparue depuis les années 1920 », explique-t-il. C’est Marie-Thérèse d’Autriche qui a commandé ce portrait de sa fille en 1771, un an après son mariage avec le futur Louis XVI. Âgée de 16 ans, la future reine y apparaît vêtue simplement, le teint rose. Cette œuvre historique a été préemptée par le château de Versailles, multipliant par six son estimation haute.

L’œuvre a été adjugée 175 500 € chez Aguttes, à Neuilly-sur-Seine, le 25 novembre 2021.

Joseph-Siffred Duplessis et atelier, Portrait de la dauphine de France Marie-Antoinette, v. 1771, h/t, 74 x 56,5cm

Cartier, Bracelet des années 1940 :  20 500 €

Vendu dans la fourchette de son estimation, ce bracelet peut être considéré comme une œuvre de transition entre deux périodes de création de la maison Cartier. Créé dans les années 1940, ce bijou exceptionnel possède toutes les caractéristiques de ce style d’avant-guerre. C’est un large et lourd bracelet manchette décoré d’une boucle, un modèle interrompu pendant la Seconde Guerre mondiale puis repris dans les années 1950. L’ornement de petits cabochons et de feuilles gravées d’émeraudes, de saphirs et de rubis rappelle le décor « tutti frutti » si typique du Cartier des années 1925.

L’œuvre a été adjugée 20 500 € chez HVMC, à Monte-Carlo, le 13 décembre 2021.

Cartier, Bracelet des années 1940, or, saphirs, rubis, diamants, 4,5 x 6,5cm, 46,9g.

Daniel Buren, Vase de la série des cent vases : 4 160 €

« Dix modèles de vases de différentes couleurs, formes et hauteurs ont été créés en 2010 par Buren au profit de Handicap International », rappelle la spécialiste Cecilia de Broglie. Si celui-ci est en forme de losange, l’artiste a imaginé d’autres modèles avec une base carrée, ronde, triangulaire, hexagonale… Chaque prototype a été édité en dix exemplaires. Tous portent les rayures verticales fétiches de Buren, alternant le blanc et une autre couleur. Actuellement, certains acheteurs remettent sur le marché les vases qu’ils avaient acquis lors de cette vente caritative.

L’œuvre a été adjugée 4 160 € chez Piasa, à Paris, le 20 décembre 2021.

Daniel Buren, vase de la série des Cent Vases, 2010, faïence émaillée de la Tuilerie du Chaillou, Treigny, 42,5x 18 x 15 cm

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