De Magritte à Chardin : 4 ventes aux enchères à suivre en mars

Après une année 2021, devenue millésime historique pour les ventes aux enchères, l’année 2022 avait débuté sous d’heureux auspices, avec la vente d’une œuvre de Maurice de Becque et de trésors de joaillerie. Mais en mars prochain, une série de ventes historiques feront exploser les compteurs. Des chefs-d’œuvre de la peinture, comme L’Empire des Lumières (1961) de René Magritte, ou Le Panier de fraises des bois (1761) de Jean Siméon Chardin sont mis aux enchères, respectivement chez Sotheby’s et ArtCurial, et pourraient être acquis pour plusieurs dizaines de millions d’euros. De Paris à Londres, nous avons sélectionné pour vous quatre ventes aux enchères qui risquent de faire parler d’elles.

Le plus moderne des Chardin

Salué comme une icône de la peinture occidentale, ce Panier de fraises des bois était conservé dans la même famille de collectionneurs depuis cent soixante ans. Il fut exposé au Salon de 1761, puis redécouvert au XIXe siècle par François-André Marcille (1790-1856) ou son fils Eudoxe (1811-1890). Cette nature morte exceptionnelle disparaît ensuite jusqu’aux grandes rétrospectives du XXe siècle, à Paris. Elle fait alors la couverture du catalogue de l’exposition «Chardin» de 1979 au Grand Palais et voyage dans le monde entier. Car Chardin, peintre du quotidien, signe ici une œuvre d’une simplicité tendant à l’abstraction. Un cône: la pyramide de fraises. Deux sphères : les fruits. Un cylindre : le verre. Une branche d’œillets blancs coupe la composition en diagonale. Comme un point final, Chardin pose une touche de rouge sur le bord externe du verre. Un chef-d’œuvre de sérénité, dont Artcurial et le cabinet d’expertise Turquin attendent entre 12M€ et 15M€.

Vente par Artcurial, Hôtel Dassault, 7, rond-point des Champs-Élysées, 75008 Paris, artcurial.com, le 23 mars

Jean-Baptiste Siméon Chardin, Le Panier de fraises des bois, 1761 huile sur toile, 38 x 46 cm ©Artcurial

Un Magritte iconique

Image symbolique du surréalisme, cet Empire des lumières de René Magritte apparaît pour la première fois sur le marché, avec une estimation de 45 M£ (52 M€). L’artiste avait commencé à travailler sur ce thème dès 1948, et Nelson Rockefeller avait acquis la première version. Le peintre avait ensuite réalisé plus de quinze variantes du tableau, qui constituent sa seule série connue. Il s’agit ici de celle créée en 1961 pour Anne-Marie Gillion Crowet, fille du mécène de Magritte, qui incarnait l’idéal féminin du peintre.

Vente par Sotheby’s, 34-35 New Bond Street, Londres, www.sotheby’s.com, le 4 mars

René Magritte, L’empire des Lumières, 1961 ©️Courtesy Sotheby’s

Ode à la céramique

À Bordeaux, Briscadieu met à l’honneur les arts décoratifs, et en particulier la céramique. Georges Jouve (1910-1964) occupe la première place du podium avec cette élégante sculpture (de 15000€ à 20000€) présentée au salon des Artistes décorateurs de 1952, réalisée en céramique émaillée noire réversible, qui pouvait être suspendue. Il est suivi par René Buthaud (1886-1986), auteur d’une terre cuite polychrome baptisée Vénus sortant des eaux, attendue autour de 2000 €.

Vente par Briscadieu, 12-14, rue Peyronnet, 33800 Bordeaux, www.briscadieu-bordeaux.com, le 5 mars

Georges Jouve, sculpture murale, v. 1952, céramique émaillée noire, 40 x 56 x 14 cm ©Briscardieu

Reconnaissance de l’art asilaire

Avant la parution du Manifeste sur l’art brut préféré aux arts culturels de Jean Dubuffet en 1947, la reconnaissance de l’art asilaire n’est que balbutiante. À partir des années 1927-1928, un certain Eugène B., interné à l’asile psychiatrique de Rouffach en Alsace, commence une grande composition constituée de plusieurs feuilles de papier. La partie centrale est mise à prix à 15000€, à Vendôme par les Rouillac. Une œuvre étrange que l’auteur décrit comme le symbole de son histoire.

Vente par Rouillac, 2, rue Albert-Einstein, 41100 Vendôme, 0254802424, rouillac.com, le 13 mars

Eugène B., Le Symbole de mon histoire, ou Filiation de la locomotive, v. 1927-33, dessin collage et plume, 96,5 x 130 cm, détail ©Rouillac

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