De Ferrari à Émile Bernard : le marché de l’art en 4 belles ventes

Malgré un début de pandémie difficile pour le marché de l’art, les maisons de vente avaient enregistré des résultats historiques l’année dernière. 2022 devrait donc démarrer à pleine allure. À l’image de cette superbe Ferrari des années 1960, vendue chez Aguttes en février dernier pour 876 400 €. Ou bien encore ces planches d’Émile Bernard (1868-1941), mettant à l’honneur le folklore joyeux et coloré de la « Bretonnerie », vendue 448 000 € chez Ader début février. L’art contemporain n’a pas non plus échappé aux maisons de ventes, comme en témoigne l’œuvre Cooks Transit of Venus (2017) de l’artiste néo-zélandaise Lisa Reihana, envolée pour 12 600 € chez Christie’s. Retour sur quatre belles ventes du marché de l’art, en ce début d’année.

1. Ferrari 250 GT Berlinetta, 1962 : 876 400 €

Vendue dans la fourchette des estimations, cette Ferrari méritait ce beau prix, selon l’expert Gautier Rossignol : « C’est un modèle emblématique de la production Ferrari des années 1960, qui a été produit à cent seize exemplaires au monde ». Sa rareté se combine à sa fonction, car cette voiture est facile à « prendre en main », dixit l’expert. Elle était conduite par des gentlemen driver pour rejoindre les circuits automobiles. Étonnamment, les conducteurs ne lâchaient pas le volant, ils entraient en course et repartaient ensuite sur route ! Ce qui démontre la fiabilité et les performances du modèle.

L’œuvre a été adjugée 876 400 € chez Aguttes, Grand Palais Éphémère, le 3 février.

Ferrari 250 GT Berlinetta, 1962, carrosserie en aluminium réalisée par Bacchelli.

2. Émile Bernard, La Bretonnerie, 1885 : 448 000 €

Le prix extraordinaire de ces neuf planches d’Émile Bernard (1808-1941) a surpris Hélène Bonafoux-Murat, qui les avait estimées entre 25 000 € et 30 000 €. « Cet ensemble unique a été tiré en zincographie, une technique similaire a celle de la lithographie, mais où le zinc remplace la pierre calcaire poreuse », explique l’expert. Musées et amateurs particuliers se sont battus pour obtenir ce petit chef-d’œuvre. La compétition s’est achevée entre un marchand anglais et un collectionneur français, qui a remporté l’ultime enchère. Ce portfolio présenté pour la première fois au café Volpini, lors de l’exposition des impressionnistes en mai 1889, reste donc en France.

L’œuvre a été adjugée 448 000 € chez Ader, Drouot, le 9 février.

Émile Bernard, La Bretonnerie, 1885, 9 planches zincographiées, 38 x 46 cm.

3. Lisa Reihana, Cooks Transit of Venus, 2017 : 12 600 €

Incluse dans une vente d’art contemporain océanien chez Christie’s, cette œuvre de l’artiste néo-zélandaise Lisa Reihana est extraite d’une vidéo panoramique qui fut le point d’orgue de l’exposition « Océanie », au musée du Quai Branly-Jacques Chirac en 2019. Le tirage d’une série de photos est d’autant plus intéressant, souligne l’expert Victor Teodorescu, « que la vidéo avait profondément marqué les spectateurs ». Elle s’inspire d’un papier peint de 1804 racontant de manière idéalisée trois voyages de Cook à la fin du XVIIIe siècle, mais se place du point de vue des Maoris colonisés, avec un réalisme cru.

L’œuvre a été adjugée 12 600€ chez Christie’s, en vente online, le 1er mars.

Lisa Reihana, Cooks Transit of Venus, 2017, tirage monté sous Diasec, 163 x 76 cm.

4. Le Roman de Tristan & d’Iseut relié par Creuzevault : 2 631€

Ce ne sont pas les illustrations qui font la valeur de cet ouvrage, mais bien sa reliure exceptionnelle, techniquement difficile à réaliser, selon l’expert Christian Galantaris : « il a fallu faire graver les lettres en imitant l’écriture du XVIe siècle, puis les appliquer l’une après l’autre… ». L’histoire même de la reliure est étonnante, car elle ne figure pas dans l’inventaire des réalisations d’Henri Creuzevault, dressé par sa fille en six volumes. Le relieur a imaginé cet exemplaire pour le père de l’amateur qui l’a mise en vente. L’ouvrage était passé inaperçuet il s’agit bien d’une œuvre exceptionnelle.

L’œuvre a été adjugée 2 631€ chez Audap & Associés, Drouot, le 17 février.

Le Roman de Tristan & d’Iseult, J.G. Daragnès, 1928, grand in-4 relié par Creuzevault.

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