Dans le Lot, des archéologues découvrent un trésor de monnaies caché depuis le Moyen Âge

Ce qui devait être de rapides fouilles préventives de neuf jours autour de l’église Saint-Quirin du petit village de Lalbenque, dans le Lot, a finalement abouti à de bien belles découvertes… Les archéologues ont mis au jour plus de 200 pièces de monnaie, des deniers de Cahors et de Rodez, les deux villes historiques importantes aux alentours. En alliage cuivreux, elles dateraient du XIIIe ou XIVe siècle. Une datation précise sera apportée par l’étude numismatique.

Un petit pot de terre

Elles auraient pu ne jamais être découvertes. Les fouilles avaient été commandées dans le cadre d’un diagnostic préventif, comme cela est l’usage lorsque des travaux routiers, immobiliers ou industriels concernent le sol et les sous-sols. Comme l’explique Éric Labastie, archéologue en charge du chantier pour la cellule départementale d’archéologie du Lot, ce n’est que deux jours après la découverte d’un petit pot de céramique, de type ordinaire, d’une dizaine de centimètres de diamètre, que le trésor a fait son apparition. Le nettoyage a permis de le débarrasser de la gangue de terre dans lequel il était pris, révélant la surface noircie par l’oxydation de ses pièces en alliage cuivreux argenté. Sur les surfaces internes du pot, l’empreinte d’un tissage disparu laisse supposer aux archéologues que le précieux magot avait été placé dans une bourse ou une poche en tissu. À premier vue, il s’agirait sans doute d’un trésor dit « de thésaurisation », un mode de stockage et d’enfouissement des richesses généralement lié à un contexte d’insécurité (guerre civile, troubles ruraux, crise politique, etc.) ou de dévaluation de la monnaie, par exemple. On distingue notamment ce type de trésor de ceux mis au jour dans une sépulture et dû à une pratique funéraire.

Les fouilles avaient été commandées dans le cadre d’un diagnostic préventif ©️Thomas Campagne/Département du Lot

Lors des fouilles, les archéologues ont également trouvé d’autres éléments dignes d’intérêts : des vestiges de bâtiments et d’enclos ainsi que des traces de sépultures. Un cimetière pourrait avoir été présent sur le site jusqu’au début du XXe siècle. À l’issue de ces dernières découvertes archéologiques, le village de Lalbenque, célèbre pour son marché de truffes noires, a décidé d’aménager un amphithéâtre en plein air autour du site de fouilles.

Les archéologues ont découvert le petit pot de céramique à proximité de l’église Saint-Quirin ©️Thomas Campagne/Département du Lot

Le Lot, terre d’archéologie

La région du Lot est habitée depuis l’époque préhistorique et Cahors, durant la période gallo-romaine, était une ville prospère de l’Empire. Le Quercy, ancien diocèse de Cahors, appartenait au Moyen Âge au puissant comté de Toulouse. La répression de l’hérésie cathare, les conflits de la guerre de Cent Ans ou encore les ravages de la peste noire (pour ne parler que du XIIIe siècle !) y ont laissé de nombreuses traces qu’archéologues et historiens s’emploient à redécouvrir et à comprendre. En octobre dernier, un colloque organisé par la Direction régionale des affaires culturelles d’Occitanie (service régional de l’archéologie), le Département du Lot, la Ville de Cahors et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) faisait le point sur les nombreuses découvertes archéologiques de ces dernières années dans la seule ville de Cahors, dont le passé antique, médiéval et moderne ne cesse de se révéler. En 2019, c’est un sarcophage mérovingien, datant du VIIe siècle, qui avait été découvert au cœur de la ville. Cinq ans plus tôt, dans un bois de Montauriol, quatre promeneurs avaient découvert un autre trésor de près de 200 monnaies celtiques en argent.

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