Au Liban, découverte exceptionnelle d’un temple romain dans l’antique cité de Tyr

Des archéologues ont récemment découvert un nouveau temple romain dans l’ancienne ville phénicienne de Tyr, à 70km au sud de Beyrouth. Menées par María Eugenia Aubet (Université Pompeu Fabra de Barcelone), Ali Badawi (Direction générale des Antiquités au Liban) et Francisco J. Núñez (Centre polonais de l’archéologie méditerranéenne, Université de Varsovie), les fouilles ont révélé deux phases de construction bien distinctes. Situé sur l’acropole de Tyr, l’emplacement le plus élevé du site, le temple remonterait au début de la période romaine (env. 31 av. J.-C. – 193 apr. J.-C.) et aurait bénéficié d’une importante modification à la fin de cette même période (env. 284 apr. J.-C. – 476 apr. J.-C.).

Un bâtiment rare

Le bâtiment, de forme rectangulaire, présente un vestibule de part et d’autre duquel se trouvent deux colonnes, ainsi qu’un podium. À l’origine les murs étaient composés de blocs de grès, tandis que la construction se tenait sur une plateforme de grès et de calcaire. Les colonnes, quant à elles, étaient faites de granit égyptien rose et mesuraient environ huit mètres de haut. Les marches de l’entrée étaient ornées de dalles gravées de motifs géométriques. Les spécialistes pensent qu’une chambre souterraine se trouvait initialement au sud de l’entrée.

Le temple remonterait au début de la période romaine et aurait bénéficié d’une importante modification à la fin de cette même période. ©Dr. Francisco J. Núñez

Le Dr Francisco J. Núñez s’est également exprimé sur la rareté de ce type de découvertes : « Ce bâtiment fait partie des rares de ce type trouvés à Tyr à ce jour. Notre connaissance de Tyr durant l’Antiquité, malgré l’importance de la cité, est malheureusement assez limitée ».

Une seconde structure

Le bâtiment principal du temple est accompagné d’une structure d’échelle plus réduite, située non loin et constituée de deux pièces et d’une cour. L’une des pièces est ornée d’un relief représentant la déesse égyptienne Isis, nourrissant au sein son fils Horus.

Le bâtiment, de forme rectangulaire, présente un vestibule de part et d’autre duquel se trouvent deux colonnes, ainsi qu’un podium. ©Dr. Francisco J. Núñez

Un lieu sacré

Plusieurs inscriptions grecques et phéniciennes qualifient de « sacrée » l’acropole de la ville sur laquelle se trouve le temple. D’après les chercheurs des rituels cultuels auraient pris place en ce lieu. Le Dr Francisco J. Núñez a par ailleurs précisé auprès d’« ARTnews » : « La localisation de cette construction, sur un podium à l’endroit le plus élevé de l’île, met en évidence son statut particulier ». Au cours de la période byzantine, le temple romain a été remplacé par une basilique qui aurait ensuite été détruite par un tsunami au VIe siècle.

À l’origine les murs étaient composés de blocks de grès. ©Dr. Francisco J. Núñez

Des fouilles complexes

La cité étant occupée depuis presque cinq millénaires de façon quasi-ininterrompue, les fouilles sont complexes. Les couches archéologiques se superposent et les spécialistes doivent différencier les vestiges des différentes époques. Différentes catastrophes naturelles ont aussi eu lieu dans cette zone, qui, de plus, subit la hausse du niveau de la mer.

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