Au Japon, des archéologues mettent au jour les vestiges d’un légendaire pavillon royal perdu vieux de plus de 1200 ans

À Kyoto, au Japon, des archéologues de l’Unité de Recherche archéologique de la ville affirment avoir découvert les vestiges du légendaire pavillon royal de Tokaden, mentionné dans d’importantes œuvres littéraires traditionnelles, mais aujourd’hui détruit, et dont l’emplacement demeurait inconnu. Vraisemblablement construit au IXe siècle (période de sédentarisation de la cour) pour l’impératrice et les femmes du palais, il n’aurait été que l’un des nombreux pavillons constituant la résidence privée d’un empereur de l’époque.

Fouilles et confrontation aux documents

Menées en 2015 en prévision de la construction d’habitations, les fouilles ont pris place à Kamigyō, l’un des onze arrondissements de la ville de Kyoto. Elles ont permis de mettre au jour cinq trous de poteaux, d’un peu plus d’un mètre de diamètre, et séparés les uns des autres de deux à trois mètres. Comme l’explique le journal japonais « The Mainichi », il s’agirait de trous utilisés pour placer des piliers dans le sol sans poser de pierres de fondation. Après avoir comparé l’emplacement de ces cinq trous à un document datant de l’époque Edo (environ 1600-1868), les spécialistes ont pu déterminer qu’ils étaient placés dans la partie sud-ouest du pavillon, lui-même localisé dans la partie nord-ouest de la vaste demeure.

Menées en 2015 en prévision de la construction d’habitations, les fouilles ont pris place à Kamigyō, l’un des onze arrondissements de la ville de Kyoto. ©DR/Kyoto City Archaeological Research Institute

Les archéologues ont également découvert deux ensembles de pierres placées de sorte à former un fossé en forme de L. L’un se trouve dans le pavillon Tokaden, tandis que l’autre se trouve dans le pavillon Kokiden, juste au sud de celui-ci. Ces systèmes auraient servi à évacuer l’eau du toit. Une pierre de fondation a également été décelée entre les deux fossés ; il pourrait s’agir d’un couloir ayant relié les deux bâtiments. Les spécialistes pensent que ces rigoles pourraient avoir été ajoutées au palais au Xe siècle ou plus tard, à une période ou la demeure a été reconstruite.

D’après « The Mainichi », la résidence de l’empereur se serait étendue « sur environ 182 mètres d’Ouest en Est, et quelque 226 mètres du nord au sud, et comprendrait 17 pavillons, entre autres structures ».

Demeure d’une cour sédentaire

Au IXe siècle, la cour impériale japonaise, alors itinérante, est confrontée à un problème majeur : la population japonaise s’accroît, et avec elles les tâches bureaucratiques. Elle doit alors se sédentariser, et la construction de demeures impériales telles que celles-ci découlent en partie de cette contrainte. Nombre d’entre elles se trouvent à Kyoto qui, sous le nom de « Heian-Kyo » (« Capitale de la paix et de la tranquillité »), était alors la capitale du pays (entre 794 et 1868).

Des œuvres littéraires

L’identification du pavillon Tokaden est aussi passée par la comparaison des vestiges à des descriptions issues de deux chefs-d’œuvre littéraires de l’époque de Heian (794-1185) : Le Dit du Genji et les Notes de chevet, respectivement signés par les écrivaines Murasaki Shikibu et Sei Shōnagon.

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