Au château de Fontainebleau, le premier Grand Prix du Festival de l’histoire de l’art dévoile ses lauréats

Le Festival de l’histoire de l’art a réuni, du 4 au 6 juin 2022, au château de Fontainebleau, de nombreux historiens de l’art, venus débattre et présenter des sujets en lien avec le Portugal et l’animal, pays et thème mis à l’honneur cette année. Lors de cette 11e édition a également eu lieu le lancement du premier Grand Prix du festival, destiné à récompenser un projet exemplaire (exposition, livre, film, etc.) mettant en lumière les enjeux actuels de l’art et de son étude. Les lauréats de cette année sont Samuel Delerue et Isabelle Kalinowski pour l’édition et la première traduction en français du texte de Carl Einstein Je vois une maison.

Une traduction inédite

Organisant 300 événements sur 40 lieux avec 300 invités et comprenant une riche délégation d’intervenants avec Teresa Villaverde, cinéaste, ou encore Pedro Cabrita Reis, artiste plasticien par exemple, le Festival a lancé son premier Grand Prix cette année. Les deux lauréats ont su se démarquer parmi une liste très large de candidats proposée par les membres du conseil scientifique, composé de directeurs de musées et de conservateurs, et face à un jury exigeant comprenant des personnalités du monde de l’art telles que la romancière Marianne Alphant ou l’historienne de l’art Laurence Bertrand Dorléac.

Conférences de jeunes chercheurs au festival de l’histoire de l’art 2022 © Thibaut Chapotot

Le premier Grand Prix du Festival de l’histoire de l’art et sa dotation de 10 000 € ont ainsi été décernés à Samuel Delerue et Isabelle Kalinowski pour l’édition et la première traduction inédite en français du texte de Carl Einstein (1885-1940) Je vois une maison (présent dans l’ouvrage La Discontinuité même, éd. L’Écarquillé, 2021), à partir du manuscrit allemand Ich sehe ein Haus, non daté et conservé à l’Akademie der Künste de Berlin. Samuel Delerue a fondé les éditions L’Écarquillé en 2011, une maison indépendante. Isabelle Kalinowski, directrice de recherches au CNRS et directrice du laboratoire Pays germaniques de l’École normale supérieure, est quant à elle connue pour ses études et traductions de Carl Einstein, Franz Boas ou Max Weber.

Samuel Delerue et Isabelle Kalinowski lors de la 11e édition du festival de l’histoire de l’art le 4 juin dernier © Thibault Chapotot

Un petit traité d’histoire de l’art remis à l’honneur

Je vois une maison, probablement écrit autour de 1930, par Carl Einsten, historien d’art et poète allemand qui livre ici une réflexion inédite sur les « diverses modalités de la création artistique et la capacité de l’art à créer de la discontinuité dans l’histoire ». L’ouvrage célèbre ainsi la grande diversité des regards sur le monde. Carl Einstein, auteur de textes de fiction et d’écrits sur l’art, est en effet connu pour avoir été parmi les premiers à écrire, dès les années 1910, de fabuleux plaidoyers en faveur des sculptures africaines et de la peinture cubiste. Juif allemand, il se suicida en 1940 afin d’échapper à l’avancée nazie.

Couverture de l’ouvrage La Discontinuité même, éd. L’Écarquillé, 2021

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