Art contemporain : Elsa Guillaume, l’art venu du fond des mers

Bien loin de l’incipit de Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss (« Je hais les voyages et les explorateurs »), l’artiste Elsa Guillaume s’est forgée au gré de ses périples. La jeune femme aime autant la plongée sous-marine que l’exploration dessinée des abysses. Artiste invitée d’une expédition dans le Pacifique à bord de la goélette Tara en 2016, elle a effectué des résidences artistiques à travers le monde (notamment en Chine et au Japon, où elle s’est familiarisée avec la technique de la porcelaine) et a parcouru les cinq océans.

Exploratrice des mers

Après ses excursions dans les grottes immergées du Mexique et de la Méditerranée, elle a conçu l’installation vidéo R.O.V. 21 mise en son par la compositrice électroacoustique Christine Groult, exposée actuellement à la Corderie royale de Rochefort. Dans ce haut-lieu de la culture maritime, carte blanche lui a été donnée pour créer un parcours d’œuvres plongeant le visiteur dans l’univers onirique des fonds marins.

Elsa Guillaume, Cité des Nautiloïdes, 2021, verre et acier, coproduction avec le Ciav Meisenthal ©TADZIO

Aussi cette lectrice des récits d’imagination scientifique de la fin du XIXe siècle a-t-elle créé des personnages en céramique hybrides, mi-humains mi-poissons, inventé une Station abyssale inspirée du Refuge Tonneau (1938) de la designer Charlotte Perriand, et construit une Cité des Nautiloïdes, quinze submersibles en verre soufflé réalisés avec l’aide des maîtres-verriers du Ciav (Centre international d’art verrier) de Meisenthal. « Aller à la découverte des fonds marins et explorer le corps et son fonctionnement interne, sous la surface de la peau, procèdent selon moi de la même intention. Pour cette raison j’ai créé de grandes sculptures en grès blanc, des flèches de métal et des dessins à la plume, en écho aux objets conservés dans les collections de l’Ancienne école de médecine navale de Rochefort », ajoute la plasticienne.

L’univers d’Elsa Guillaume s’inspire (du milieu ?) des fonds marins, qu’elle a pu découvrir au fil de ses voyages. ©Mantovani Andrea 2021

Elsa Guillaume en bref

1989
Naissance d’Elsa Guillaume à Carpentras.

2013
Diplôme de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

2015
Lauréate du Prix COAL / Spécial Océan pour son projet « Cosmographie corallienne ».

2016
Résidence artistique à bord de la goélette scientifique de l’expédition Tara Pacific. Exposition « Siphonophore », à la galerie Premier Regard à Paris.

2018
Résidence à The Invisible Dog Art Center à Brooklyn, New York.

2020
« Tritonades & Coelacanthe », à la galerie Backslash à Paris.

2021
Exposition personnelle au Studio de la Kunsthalle de Mannheim.

Vue d’exposition « Studio-Kuma », Kunsthalle @Tadzio

À VOIR

 « Bathyskaphos. Carte blanche à Elsa Guillaume »
Corderie Royale, Centre international de la mer, 17300 Rochefort
www.corderieroyale.com
du 5 février au 31 décembre

« Toucher terre »
Villa Datris, 84800 l’Isle-sur-la-Sorgue
fondationvilladatris.fr
du 27 mai au 1er novembre

« Collecter les ombres, mesurer l’écume, œuvres d’Elsa Guillaume dans les collections »
Musée national de la Marine-Hôtel de Cheusses et Ancienne école de médecine navale, 17300 Rochefort
www.musee-marine.fr
du 5 février au 31 décembre.

Le site internet de l’artiste : elsaguillaume.com

À SAVOIR

L’artiste est représentée par la galerie Backslash, 29, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 Paris, 09 81 39 60 01, www.backslashgallery.com.

Cet article Art contemporain : Elsa Guillaume, l’art venu du fond des mers est apparu en premier sur Connaissance des Arts.