Art contemporain : Arithmétique, palmiers et quête du Beau selon Charles Gaines

Charles Gaines est un artiste américain né en 1944 à Charleston, en Caroline du Sud. Connu pour son travail conceptuel, il a développé dans les années 1970 des œuvres d’art basées sur des systèmes et les mathématiques. Il présente « Gridwork : Palm Canyon Watercolors » à la galerie Max Hetzler Paris, du 9 juin au 30 juillet 2022. Il est un des pionniers de l’art conceptuel et certainement l’un des tout premiers artistes conceptuels noirs américains. Afin de critiquer l’imagination créatrice qui repose sur l’intuition et la subjectivité, Gaines explique que l’esthétique est une construction.

Dans les règles de l’art

Charles Gaines crée des œuvres d’art, sur des grilles de papier ou en plexiglas, qui suivent un ensemble de règles. Une façon pour lui d’éviter la subjectivité dans son processus créatif et de prouver que le plaisir visuel est une construction comme beaucoup d’autres concepts tels que la race. Il a commencé par créer des dessins abstraits avec des régressions mathématiques et a évolué vers une représentation plus figurative de son système avec des portraits ou des arbres.

La galerie Max Hetzler à Paris présente jusqu’au 30 juillet une sélection d’oeuvres de l’artiste conceptuel Charles Gaines ©Max Hetzler

Pour Gaines, ces dessins étaient une métaphore liée à la production de cellules ou à des séquences généalogiques. Les arbres devenaient des formes paraboliques produites par son calcul mathématique. « Je ne fais pas d’arbres dans un but esthétique, explique-t-il. Qu’un arbre soit un noyer ou un palmier, la structure de base de son ADN lui indique comment se former en fonction de son espèce. Au cours de sa vie, des forces agissent sur lui et le transforment – les contraintes du sol sur lequel il se trouve, son accès aux nutriments et à la lumière du soleil, sa vulnérabilité au vent et aux parasites, ses réponses aux autres activités naturelles et humaines. Les êtres humains sont semblables ».

Charles Gaines, Numbers and Trees: Palm Canyon Series 7, Set 8 (quartet), Tree #3, Taaqtam, 2022 aquarelle et encre sur papier, 201,5 x 100 cm ©Max Hetzler

Les palmiers de Palm Canyon

Pour sa troisième exposition chez Max Hetzler, Charles Gaines, connu pour ses arbres sous boîtes en plexiglas, revient à sa première pratique du début des années 1980 où il n’utilisait que des graphiques avec de l’encre sur papier. Les palmiers présentés dans l’exposition « Gridwork : Palm Canyon Watercolors » ont été initialement photographiés dans le Palm Canyon, au sud de Palm Springs en Californie, une terre gérée par des Amérindiens. Tous les dessins portent le nom des tribus indigènes particulières de cette région. Ainsi, l’utilisation des palmiers est un moyen pour l’artiste d’attirer l’attention sur le discours relatif aux pratiques coloniales dans l’histoire des États-Unis. Cette exposition a une signification particulière pour Charles Gaines qui, il y a 40 ans, n’attirait pas autant l’attention, avec une œuvre pourtant très comparable. Pour lui, c’est aussi une façon de dire qu’il n’y a pas de règles concernant la valeur de l’art à travers le temps.

Charles Gaines, Numbers and Trees: Palm Canyon Series 9, Set 10 (quartet), Esselen, 2022, aquarelle et encre sur papier, 79,5 x 136 cm ©Max Hetzler

Exposition « Gridwork : Palm Canyon Watercolors »
Galerie Max Hetzler, 57, rue du Temple, 75004 Paris
www.maxhetzler.com
Du 9 juin au 30 juillet

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