Art contemporain : Annie Bascoul, un parfum d’ancolie

Annie Bascoul est souvent invitée à faire dialoguer les collections des institutions avec ses installations de broderies ou de dentelles. En 2004, la bibliothèque des Jésuites de Valenciennes avait été l’une des premières à la mener sur la piste d’Antoine Watteau. « Si je m’intéressais déjà à l’univers de la nature et des plantes, précise-t-elle, je ne voulais pas me laisser trop impressionner par l’auteur des Fêtes galantes. Je me suis donc inspirée de ses panneaux décoratifs Le Faune et L’Enjôleur. » Par la suite, elle a imaginé des jardins intérieurs qui englobent les spectateurs sous des fleurs géantes, y ajoutant des textes pour jouer de la sonorité des noms. Ainsi aux ancolies, l’un de ses motifs favoris, elle associe l’idée de mélancolie…

Une œuvre poétique

Anne Bascoul conçoit en parallèle des livres d’artiste, qui structurent sa pensée et se révèlent parfois les prémices d’expositions futures. Elle s’attache à rendre ses travaux poétiques et lit Charles Baudelaire, François-René de Chateaubriand, mais également Pierre Jean Jouve, qui a écrit sur l’importance de l’inconscient dans la création artistique. Elle nous rappelle qu’à la fin de ses études, l’époque était ancrée dans les introspections de Christian Boltanski ou d’Annette Messager. On ajoutera que ces fils – qu’elle a aimé mêler à la peinture acrylique afin d’évoquer des enveloppes de peaux – renvoient aussi à l’araignée, animal hautement symbolique ! « J’aimais d’ailleurs raconter ma vie, ajoute-t-elle, ou détailler les ornements nécessaires pour être une femme belle ou une dame futile. Puis j’avais du mal à employer le châssis, dans la veine du groupe Supports/Surfaces. » Quant à l’ancolie, régulièrement mise en scène, se souvient-on qu’elle évoque aussi bien la main de la Sainte Vierge qu’un puissant aphrodisiaque ?

Aux marches du palais Lit aux pervenches, Annie Bascoul, 2019, Point de Tulle, PLA, fil de coton, 210 cm x 210 cm. ©Christophe Bascoul/Musée Borély

À VOIR

– « Points en suspension », musée du Cloître, place de la Cathédrale, 19000 Tulle, 05 55 26 91 05, du 15 mai au 19 septembre 2021.

À CONSULTER

Le site de l’artiste : www.anniebascoul.com

1958

Naissance d’Annie Bascoul à Valenciennes.

1990

Diplôme de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

1992

Participe à l’exposition « Le Quotidien », à la Maison d’art contemporain Chailloux, à Fresnes.

1994

Conçoit ses premiers livres d’artiste, quatre ouvrages en coton qui s’intitulent Série l’amour : Problème de cœur, et premier solo-show au Chemin d’art de Saint-Flour.

2010

L’exposition personnelle « Dentelle au jardin » est présentée au musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon.

2018

Première résidence d’artiste à la Cour des Arts, à Tulle, et acquisition de son travail par le musée de la Dentelle de Caudry.

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