Art contemporain : à Cognac, la Fondation Martell donne corps à nos sens

La Fondation d’entreprise Martell a un mode de fonctionnement unique. Non seulement elle organise des expositions d’art contemporain ambitieuses, mais elle propose en amont à tous les créateurs de réaliser les œuvres sur place, dans les « Ateliers du faire », en duo avec des artisans spécialisés dans le travail du bois, du verre, de la céramique… L’opus 2022 est consacré aux cinq sens, auxquels sont ajoutés le mouvement et la vulnérabilité. Dans onze salles circulaires en inox, qui évoquent les tonneaux où vieillit le cognac, le public est invité à une déambulation immersive apaisante.

Robot et jardin suspendu

Première bonne surprise, le « robot collaboratif » de la designer textile Jeanne Vicerial qui tisse sur un mannequin de bois une robe constituée d’un seul et unique fil noir. Le mouvement est lent, dix fois plus lent que celui d’un bras humain, et l’effet hypnotique. En réponse à ce corps qui se crée sous nos yeux, la danseuse-ritualiste Julia Cima, vêtue d’une robe de la même veine, se livre à des chorégraphies performatives.

La designer textile Jeanne Vicerial et la danseuse Julia Cima évoquent le mouvement du corps son équilibre et son articulation, à travers la conception automatique d’une robe tout au long de l’exposition. Courtesy Fondation d’entreprise Martell © CK Mariot

Plus loin, le botaniste Marc Jeanson et l’atelier Marietalexandre ont créé une serre horticole révélant la vulnérabilité des plantes, donc de la planète, un sujet d’actualité. Présentées dans des vases et pots en verre ou céramique, elles composent une sorte de jardin suspendu où le temps s’arrête.

Le botaniste Marc Jeanson et l’atelier Marietalexandre réinventent la serre horticole pour donner à voir et à penser la vulnérabilité du vivant ©Céline Lefranc

Voir, toucher,… penser

Odile Soudant, spécialiste de la mise en lumière de lieux et d’événements, illustre ensuite la vue par une expérience amusante : le visiteur entre dans un couloir où il est ébloui par de la lumière blanche, plongé dans le noir puis confronté à des images mentales formées par le souvenir de la lumière, qu’il peut comparer avec les siennes.

Le tapis olfactif de Julie C. Fortier, tufté main, recouvre le sol de la pièce et diffuse des odeurs qui matérialisent le présence de l’animal, du sang et du végétal. Courtesy Fondation d’entreprise Martell © CK Mariot

À la fin du parcours, on peut toucher un « environnement naturel  » de l’Américaine Rachel Marks : un tronc d’arbre géant et ses racines fabriqués à la main en papier rouge, qui sortent des murs et s’enfoncent dans le plafond. L’ensemble fait penser au réseau sanguin humain. Saisissant.

« La fin est dans le commencement et cependant on continue »
Fondation d’entreprise Martell, 16, avenue Paul Firino Martell,
www.fondationdentreprisemartell.com
du 7 avril au 6 novembre

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