Archéologie : près de 800 vestiges antiques pillés saisis par la police italienne en Belgique

La police ne s’attendait pas à tomber sur une telle mine d’or, ou plutôt de céramique. En remontant la piste d’une stèle d’Apulie, une région de l’est de l’Italie, datant de la période préromaine, les enquêteurs sont tombés nez à nez, le 21 juin dernier, avec une rare collection de 782 objets antiques parmi lesquels des amphores, des céramiques à vernis noir et des figurines en terre cuite. Ces objets, prélevés illégalement sur des chantiers archéologiques de la région des Pouilles (autrefois l’Apulie) et datant d’entre 600 et 300 av. J.-C., étaient entreposés chez un collectionneur belge, à Anvers. Ils ont été renvoyés vers l’Italie pour y être étudiés par des archéologues.

Un coup de filet inédit

En 2017, la police italienne commence à enquêter sur la localisation d’une stèle daunienne, un peuple ayant occupé la partie septentrionale de l’Apulie avant d’être intégré à l’Empire romain. Cette dalle de pierre à vocation funéraire a été présentée lors de deux expositions à Paris et à Genève et appartiendrait à un « riche collectionneur belge ». Or, les enquêteurs se sont rendu compte qu’un morceau de la même stèle, extraite sur un site archéologique italien, fait partie des collections du musée de Trinitapoli, ce qui laisse penser que le fragment présenté dans ces expositions a pu être pillé. Ils remontent ainsi la piste du collectionneur belge pendant plusieurs années, jusqu’à réussir récemment à perquisitionner son domicile, avec l’aide de l’agence de coopération pour la justice criminelle européenne, Eurojust.

La majorité des 800 artefacts sont des céramiques apuliennes à figures rouges © Eurojust

Ils découvrent alors une immense réserve regroupant près de 800 objets, le tout estimé à près de 11 millions d’euros. Les artefacts sont principalement des céramiques apuliennes à figures rouges, identifiables par leurs personnages ocre rouge sur fond brun ou noir et produites autour de Tarente aux Ve et IVe siècle av. J.-C. Ces précieuses céramiques auraient été collectées illégalement sur des chantiers de fouilles dans la région des Pouilles, où elles sont désormais retournées malgré les recours en justice du collectionneur belge anonyme. Selon les autorités italiennes, il s’agit du plus gros butin récupéré par la police concernant cette région, voire à l’échelle nationale.

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