Archéologie : découverte d’une tombe punique vieille de plus de 2000 ans à Malte

La découverte du 27 mai dernier était plus qu’inattendue pour les agents du service des eaux de Malte. Mobilisés près de la ville de Zabbar, dans le sud-est de l’île, pour une extension du réseau de drainage des eaux usées, ils n’imaginaient pas découvrir des poteries et des restes humains vieux de plus de deux millénaires. Les archéologues se sont réjouis de cette découverte et étudient actuellement les ossements, cendres et céramiques retrouvés dans la tombe. Selon les premières estimations, et au vu du style des poteries, la tombe daterait de la période punique, qui s’étend de 480 à 218 av. J.-C.

Vestiges précieux

Les équipes du service des eaux ont pu constater lors de leur découverte que la tombe était encore scellée. Elle contenait plusieurs urnes funéraires, dans lesquelles se trouvaient des cendres d’os humains, mais aussi des ossements. Ceux d’un adulte d’une part, et un squelette complet d’enfant d’autre part. En outre, les archéologues ont extrait différentes pièces de poteries : une amphore, une lampe à huile et une bouteille de parfum entre autres. D’après les chercheurs, leur forme est typique de l’époque punique. Les Carthaginois sont en effet les premiers à avoir occupé l’île de Malte, avec une présence attestée dès le début du Xe siècle av. J.-C. Leur domination est cependant remise en cause par Rome en 218 av. J.-C., lors de la deuxième guerre punique. Carthage, située dans l’actuelle Tunisie, était en effet la grande rivale de Rome pour le contrôle de la Méditerranée, ce qui occasionna de multiples guerres jusqu’à la destruction de la ville en 146 av. J.-C par les romains. A son apogée, la civilisation carthaginoise s’étendait de l’Espagne à la Libye, en passant par la Corse et la Sicile.

Les traditions puniques se seraient poursuivies pendant la période romaine, selon plusieurs historiens © Sovrintendenza Tal-Patrimonju Kulturali

Une datation complexe

Selon les historiens, cela n’empêche pas les traditions, et particulièrement les rites funéraires, de continuer à être pratiquées lors de la période romaine, bien que ceux-ci inhument leurs morts de façon différente. De cet état de fait résultent un certain nombre de doutes sur la datation claire des objets retrouvés, qui sont en cours d’étude dans un laboratoire archéologique maltais. Néanmoins, les différences rituelles observées dans la tombe de Zabbar peuvent aussi s’expliquer par la contrainte que représentait la crémation à l’époque. « La crémation nécessitait diverses ressources, notamment du bois pour brûler le corps et la présence d’une personne tout au long du processus de crémation, qui prenait plusieurs heures », explique un des archéologues. Un autre objet intrigue les chercheurs : une pierre en forme d’obélisque d’environ 1,2 mètre de largeur. D’après les premiers résultats, il pourrait s’agir d’une sorte de pierre tombale rudimentaire de l’époque. Les expertises en cours lèveront probablement le mystère autour de cet étrange artefact.

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