Angleterre : le monastère perdu d’une puissante reine médiévale découvert sur les bords de la Tamise

Si l’existence de ce monastère était très bien documentée par des sources contemporaines, son emplacement, quant à lui, demeurait un mystère. C’est finalement dans le village de Cookham, dans le comté du Berkshire, que des archéologues de l’université de Reading ont exhumé durant le mois d’août les vestiges de ce site du VIIIe siècle. D’après les sources écrites connues, il était dirigé par la reine Cynethryth, veuve d’Offa, puissant roi de Mercie. Cette découverte est donc une opportunité unique d’en apprendre plus sur la vie de l’une des femmes les plus puissantes du haut Moyen-Âge.

Des restes de bâti et des objets

L’équipe d’archéologues et de volontaires à l’œuvre sur le chantier de fouilles a découvert les restes de bâtiments en bois qui auraient abrité les habitants du monastère, ainsi qu’une multitude d’artefacts. Parmi ces objets on compte des restes de nourriture, des poteries utilisées pour cuisiner et se nourrir, ainsi que des effets personnels pour se vêtir et se parer, notamment un délicat bracelet de bronze et une broche à robe, probablement portée par un des membres féminins de la communauté.

Jusqu’à maintenant, l’emplacement du monastère demeurait inconnu. ©Département d’archéologie de l’université de Reading

Le Dr. Gabor Thomas, qui dirige les fouilles, a déclaré : « mis à part ses liens avec la royauté, nous ne savons presque rien de la vie dans ce monastère, ou d’autres bordant la Tamise, à cause du manque d’éléments archéologiques. Les objets que nous avons exhumés vont nous permettre de reconstituer une vue d’ensemble détaillée de la manière dont les moines et les nonnes qui vivaient ici mangeaient, travaillaient et s’habillaient. Cela va jeter une lumière nouvelle sur l’organisation des monastères anglo-saxons ».

Les chercheurs ont exhumé des poteries. ©Département d’archéologie de l’université de Reading

Un monastère dirigé par une puissante princesse du haut Moyen-Âge

Les chercheurs se réjouissent également d’avoir enfin « retrouvé » ce monastère connu pour avoir été dirigé par Cynethryth, une puissante princesse du haut Moyen-Âge qui serait devenue abbesse du monastère après la mort de son mari, le roi Offa, en l’an 796 de notre ère. Plusieurs éléments témoignent de sa considérable influence à l’époque : des pièces ont été frappées à son image, et on sait également que le roi Charlemagne correspondait aussi bien avec elle qu’avec son époux, leur accordant un statut égal. « Cynethryth est un personnage fascinant, une femme dirigeante qui avait clairement un réel statut et une réelle influence. […] Nous sommes ravis de trouver des preuves physiques du monastère qu’elle a dirigé, qui est aussi très probablement son dernier lieu de repos », témoigne le Dr. Gabor Thomas.

Des pièces ont été frappées à l’image de la reine Cynethryth. ©Wikimedia Commons

Deux personnages royaux puissants

Cynethryth semble être la seule reine anglo-saxonne à avoir été représentée sur des pièces de monnaie – un fait rare dans toute l’Europe occidentale à cette période. Son époux, le roi Offa, était également un personnage très puissant : il a régné sur Mercie, l’un des principaux royaumes anglo-saxons en Grande-Bretagne. Il est connu pour avoir ordonné la création de la grande barrière de terre entre l’Angleterre et le Pays de Galles, connue sous le nom de « Offa’s Dyke » (la « digue d’Offa »), que l’on peut encore observer aujourd’hui.

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