À Chartres, un extraordinaire plafond gallo-romain renaît de ses cendres

Ce vendredi 24 septembre, la Direction de l’archéologie de Chartres Métropole a présenté ses dernières découvertes relatives au site de Saint-Martin-au-Val, à Chartres. De plus amples recherches ont notamment été menées sur un plafond en bois richement décoré vieux de presque 2000 ans, trouvé en 2018 dans un bassin rempli d’eau. Miraculeusement préservé dans ce milieu humide après avoir été durci par un incendie, il est aussi particulièrement rare. Un seul exemplaire similaire était connu à ce jour ; ce dernier, situé à Herculanum, est cependant bien moins sophistiqué. « Ici, nous sommes non seulement devant une pièce rare, mais aussi somptueuse et particulièrement complexe dans sa construction » s’est enthousiasmé auprès du « Figaro » Emmanuel Bouilly, spécialiste des structures en bois et archéologue à la direction de l’archéologie de Chartres Métropole. L’objectif : pouvoir restituer ce plafond exceptionnel.

Une preuve archéologique

Ce plafond était majoritairement constitué de sapin, et prenait la forme des caissons hexagonaux et losangiques suspendus à la charpente. Ses décors, quant à eux, avaient été sculptés dans du tilleul ; il s’agissait de motifs de feuilles d’acanthe, d’oves, de fers de lance, de rais-de-cœurs ou encore de perles et de pirouettes.

Le plafond prenait la forme des caissons hexagonaux et losangiques. ©Ville de Chartres

Ayant observé des traces colorées sur le bois, les chercheurs suggèrent qu’ils étaient peints. « On savait par des sources écrites que de tels plafonds existaient, mais on ne disposait d’aucun indice archéologique pour en attester », a expliqué au « Figaro » Bruno Bazin, responsable scientifique de l’opération et archéologue à la direction de l’archéologie de Chartres Métropole.

Les fragments de bois ont été trouvés en 2018 dans un bassin rempli d’eau. ©Ville de Chartres

Une reconstitution compliquée

Les chercheurs ont déjà pu récupérer environ 1 000 pièces de bois dans le bassin, mais estiment qu’il en existe au total 1 500. Il s’agit de fragments des poutres et planches qui constituaient les caissons. Toujours auprès du « Figaro », Bruno Bazin a qualifié de « particulièrement délicat » le travail de reconstitution, précisant : « nous n’avons aucun élément de comparaison et on doit tout comprendre à partir de rien ». Le système de poutres enchevêtrées est assez inédit en Europe.

Les chercheurs ont déjà pu récupérer environ 1 000 pièces de bois dans le bassin. ©Ville de Chartres

Un sanctuaire de onze hectares

Ce plafond appartenait à un bâtiment comprenant notamment le bassin de marbre qui a permis la conservation des fragments de bois. Les murs étaient ornés de marbres colorés, de fresques et de colonnes décorées. Le tout faisait partie d’un ensemble cultuel d’environ onze hectares, découvert dans les années 1990, qui recèle encore des constructions. À proximité du bâtiment qui accueille ce bassin, se trouve, par exemple, un petit temple dédié à Apollon, tandis que le podium d’un temple bien plus vaste a été retrouvé un peu plus loin. Si la session de fouilles 2021 s’achève bientôt, une nouvelle pourrait avoir lieu en 2022.

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