6 bonnes raisons de se précipiter à Art Basel 2022

Sur deux étages, Art Basel 2022 (du 16 au 19 juin) accueille 289 galeries internationales d’art moderne et contemporain. Cette année encore, le mariage de ces deux domaines est réussi car l’on passe naturellement d’œuvres de Miro et Calder aux propositions les plus radicales signées Toni Matelli (un lion antique recouvert de bananes) ou de Huang Yong Ping (des cafards envahissant une cuisine). Beaucoup de peinture américaine (de Sam Francis à Kerry James Marshall) et de nombreuses découvertes tant historiques qu’actuelles.

1. De joyeux mélanges

« Place à la couleur », semblent dire de nombreuses galeries qui ont sorti l’artillerie lourde. D’un portrait fauve de Van Dongen (Landau Fine Art, déjà vu dans une édition précédente) à un coucher de soleil réalisé à quatre mains par Lucio Fontana et Roberto Crippa (Vedovi), les rouges et les jaunes apportent une touche optimiste à cette nouvelle édition. À l’instar de la confrontation Picasso/Calder (Helly Nahmad Gallery), Sam Francis côtoie ici joyeusement Alex Katz et Mickalene Thomas (Edward Tyler Nahem Gallery).

De gauche à droite : Interior (2018) de Mickalene Thomas, Hiroshi (1979) d’Alex Katz et Untitled (1986) de Sam Francis, présentés sur le stand de la Edward Tyler Nahem Gallery, Art Basel 2022 (©Guy Boyer).

2. L’embarras du choix

Comme d’habitude, il est impossible de dresser la liste de toutes les découvertes tant les marchands font d’efforts pour surprendre les acheteurs potentiels. Sur le stand de la galerie 1900-2000, par exemple, que choisir entre un beau portrait de Madame Noelle Come (vers 1939) de la surréaliste Leonora Carrington, une élégante huile (1956) de Hans Bellmer et cet étonnant Modèle allongé (1946) de Wilhelm Freddie ? Idem pour l’incroyable mur de reliefs de Jean Arp (Di Donna) ou l’ensemble de dessins de Carl Frederik Hill (Daniel Blau Gallery) vendu aussitôt à un collectionneur privé.

Modèle allongé (1946) de Wilhelm Freddie, présenté sur le stand de la galerie 1900-2000, Art Basel 2022 (©Guy Boyer).

3. Des oeuvres venues de loin

Par son caractère très international (40 pays représentés), Art Basel permet d’exposer des œuvres que l’on a peu l’occasion de voir en France. Ainsi des cires étranges de Carlito Carvalhosa (1961-2021), un membre du Grupo Casa 7 des années 1980 à São Paulo, que propose la galerie Nara Roesler. Ces œuvres étranges, où l’on voit surgir des doigts ou des bouches, rappellent les créations de Eva Hesse ou Louise Bourgeois aux accents expressionnistes.

Untitled (1991) de Carlito Carvalhosa, présentés sur le stand de la Nara Roesler Gallery, Art Basel 2022 (©Guy Boyer).

4. Rondinone, Calder et les autres (chouchous)

Pas de foire sans ses chouchous. Lorsque l’on arpente les allées d’Art Basel 2022, quelques noms reviennent systématiquement. Cette année, on peut voir quantité de Morandi, Matisse et Calder pour les plus historiques. Idem pour les œuvres blanches de Robert Ryman, les dessins de Cy Twombly et les tapisseries d’Alighiero e Boetti. Le record est battu avec le Suisse Ugo Rondinone dont on retrouve les sculptures de pierres, colorées ou non, sur cinq stands différents dont cette impressionnante série sur le stand de la Gladstone Gallery. Une invitation qu’il faut poursuivre en allant voir les Seven Magic Moutains de Rondinone au Nevada !

Sans titre (2021) de Ugo Rondinone, présentés sur le stand de la Gladstone Gallery, Art Basel 2022 (©Agathe Hakoun).

5. Peinture fraîche

Côté peinture très récente, peu de véritables découvertes sur les deux niveaux de la foire si ce n’est les productions de J. G. Arvidsson à la Galleri Nicolai Wallner, de Christina Quarles à la White Cube Gallery ou de Kudzanai-Violet Hwami à la Victoria Miro Gallery. Cette dernière (née en 1993), qui a été exposée dans le pavillon du Zimbabwe à la Biennale de Venise en 2019, a déjà été vue en France aux Ateliers de Rennes et à la Fondation Clément en Martinique. Ses grandes toiles parlent des questions d’identité et de la représentation du corps noir.

Trauma pond I (2022) de Kudzanai-Violet Hwami, présenté sur le stand de la Victoria Miro Gallery, Art Basel 2022 (©Guy Boyer).

6. Un Unlimited plus condensé

Plus ramassée dans l’espace que les années précédentes, la section Unlimited dédiée aux œuvres de grand format rassemble quelques bonnes sculptures telles que l’escalier en négatif de Rachel Whiteread (2001) et les troncs d’arbres de Carl Andre (1992). Hormis les vastes installations de vêtements de Andrea Zittel (2013), de portes de Michelangelo Pistoletto (2003), de ruches de Rebecca Horn (1998), de superhéros de Jim Shaw (2014) et de dessins de Hanne Darboven (1983), c’est la sculpture de Huang Yong Ping qui remporte la palme de l’impact visuel avec ces cafards chinois envahissant une cuisine américaine. Y voyez-vous un quelconque symbole ?

American Kitchen and Chine Cockroaches (2019) de Huang Yong Ping, présenté à Unlimited par la galerie Kamel Mennour, Art Basel 2022 (©Agathe Hakoun).

« Art Basel »
Messe Basel
Messeplatz 10, 4005 Bâle, Suisse
www.artbasel.com
du 16 au 19 juin

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