10 expositions gratuites à faire en galerie en juillet

Accessibles sans pass sanitaire, compte tenu de leurs capacités d’accueil limitées, les galeries accueillent à nouveau le public depuis maintenant trois mois, avec des expositions estivales inédites ou en prolongeant celles du printemps. D’un portrait de Jean-Baptiste Greuze à la galerie Alexis Bordes au mobilier fifties de la galerie Jacques Lacoste en passant par les photographies d’Ilse Bing à la galerie Karsten Greve, c’est un programme varié qui vous attend. Attention, certaines galeries conseillent néanmoins de réserver avant votre visite !

1. La jeunesse éternelle de Joan Miró

C’est une aquarelle de Zao Wou-Ki appartenant à la Fondation Miró de Majorque qui fut le point de départ de cette exposition. Le maître d’origine chinoise (lire pp. 58-63) l’avait offerte pour les 85 ans de celui qu’il admirait tant, avec cette dédicace : « Pour Joan Miró, le plus jeune parmi nous tous ». S’ensuivit une amitié renforcée par des affinités esthétiques et intellectuelles. La commissaire Salomé Zelic n’a pas cherché à faire des rapprochements formels, bien que les deux artistes s’accordent très bien, mais « à montrer à quel point Miró était important dans les années 1970 pour plusieurs générations, s’étant lui-même laissé transformer par sa compréhension intime de l’expressionnisme abstrait américain ».

« Le plus jeune parmi nous tous : Zao Wou-Ki à propos de Joan Miró », galerie Mayoral, 36, avenue Matignon, 75008 Paris, 01 42 99 61 79, jusqu’au 23 juillet.

Zao Wou-Ki, 17.02.71-12.05.76, 1971-76, huile sur toile, Courtesy Mayoral, Paris

 

2. Ellen Gallagher, les méandres de la mémoire

Sans avoir l’air d’y toucher, avec une virtuosité aussi subtile que poétique, Ellen Gallagher, de mère irlandaise et de père cap-verdien, élabore des œuvres simples et complexes qui évoquent les imbrications entre le monde naturel et l’histoire sociétale. Son propos engagé dénonce les oppressions et les idées préconçues, mais la forme est fluide, aérée, colorée. Cette exposition londonienne présente de nouveaux grands formats, peintures et aquarelles, dont la suite de la série Watery Ecstatic (depuis 2001) et une série récente, Ecstatic Draught of Fishes. Trois peintures historiques sont à l’origine de ces œuvres : La Pêche miraculeuse de Rubens, représentation d’un miracle du Christ, Le Radeau de la Méduse (1818) de Géricault, naufrage de colons au large de l’actuelle Mauritanie, et Le Bateau négrier de Turner, où des esclaves sont jetés par-dessus bord durant une tempête pour délester le navire. Les éléments de ces trois tableaux sont intégrés et même atomisés dans les œuvres délicates d’Ellen Gallagher, qui établit des passerelles entre l’histoire des systèmes de pensée, la mémoire de l’esclavage et l’univers océanographique.

« Ellen Gallagher – Ecstatic Draught of Fishes », Hauser & Wirth, 23 Savile Row, Londres, 44 207 287 2300,  jusqu’au 31 juillet.

Ellen Gallagher, Watery Ecstatic, 2021, aquarelle, vernis et papier découpé sur papier, Hauser & Wirth, Londres © E. Gallagher / T. Nathan

3. Jacques Lacoste, fan des fifties

Véritable plongée dans l’univers des formes, cette exposition de Jacques Lacoste dédiée aux pièces emblématiques des années 1950 invite à remettre ces œuvres dans leur contexte. Telle une « time capsule », la scénographie évoque l’esprit des intérieurs de l’époque, offrant une vision en situation de ces meubles, luminaires et objets décoratifs signés des plus grands créateurs d’après-guerre. Parmi ces pièces d’exception, de nombreux coups de cœur comme le luminaire Cactus de Serge Mouille, œuvre unique de 1962, la table Diabolo de Mathieu Matégot (vers 1952), le bureau de forme libre de Charlotte Perriand (vers 1955) ou l’ensemble de mobilier de Max Ingrand (vers 1955), dont sa salle à manger personnelle. Il y a encore bien d’autres tentations : un en­semble de meubles en marqueterie de paille de Jean Royère, une armoire Pointe de diamant de Jean Prouvé, une table de Georges Jouve, pièce unique, ou une monumentale sculpture d’Alexandre Noll.

« Icônes 50 », galerie Jacques Lacoste, 19, avenue Matignon, 75008 Paris, 01 42 89 11 11,  jusqu’au 24 juillet.

Jean Royère, Alexandre Noll, Georges Jouve
©Hervé Lewandowski / Courtesy Galerie / Jacques Lacoste

 

4. France Bizot, nostalgies contemporaines

Fil rouge de la nouvelle exposition de France Bizot, la notion de « natsukashii », conception japonaise du temps et de la mémoire sans traduction littérale, exprime un sentiment de nostalgie heureuse, suggérée par de petites choses qui évoquent les bons moments du passé. Cette notion habite avec vivacité les images de sa dernière série de dessins, sur papier ou sur couvertures de livres, ainsi que les très intéressantes pièces en céramique présentées pour la première fois.

« France Bizot », galerie Backslash, 29, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 Paris, 09 81 39 60 01, jusqu’au 24 juillet.

France Bizot, Confinée, covidée, 2020, crayons de couleur sur un livre © F. Bizot / Galerie Backslash, Paris

5. Les multiples facettes du portrait

À l’heure où il est devenu habituel de ne se dévisager que partiellement, ce parcours proposé par Alexis Bordes explore l’intimité et le charme du portrait, de la fin du XVIIIe siècle, avec le néoclassicisme, au XIXe siècle, avec le romantisme. Ce bel ensemble d’œuvres réserve de très agréables surprises, avec notamment une Bacchante de Greuze, le portrait du dramaturge Hippolyte Bis par Garneray, ou encore Joséphine de Pincepré par Dubufe, d’une nonchalance merveilleuse.

« L’Art du portrait, du néoclassicisme au romantisme », galerie Alexis Bordes, 4, rue de la Paix, 75002 Paris, 01 47 70 43 30, jusqu’au 28 juillet.

Jean-Baptiste Greuze, Bacchante, 2nde moitié du XVIIIe s. © Galerie Alexis Bordes, Paris

6. Satirix : hommage à l’art de la presse

Pour ses 50 ans, remontez l’histoire de la revue « Satirix », mensuel satirique de 23 numéros créé en 1971 par Lucien Grand-Jouan et interdit en 1973 par la censure du gouvernement après la publication en couverture de La Vérité toute nue de Pino Zac, une caricature représentant Georges Pompidou, alors président de la République. Organisée autour d’œuvres de Serre (Défense de jouer, 1972), Wolinski (Avenir, 1969) ou encore d’Hermann-Paul (Les besoins naturels – Respirer, 1904), cette exposition propose de jeter un regard nouveau sur l’art de la presse, en le traitant comme un sujet majeur, souvent témoin essentiel des mutations politiques et sociales du XXème siècle.

« Satirix : La vie abrégée d’une revue interdite », galerie Orbis Pictus, 7, rue de Thorigny, 75003 Paris, 09 53 88 82 89, jusqu’au 25 septembre 2021.

Pino Zac, La vérité toute nue – Georges Pompidou, 1973, encre de Chine et aquarelle sur papier, Collection Lucien Grand-Jouan

7. « La Reine du Leica »

Prolongez votre tour des nombreuses expositions photo à Paris cet été avec celle de la photographe allemande Ilse Bing (1899-1998) à la galerie Karsten Greve, déjà installée depuis février. Artiste parmi les premières à utiliser exclusivement le Leica (caméra 35mm) pour ses travaux, elle en fait un outil de transmission poétique, là où il était principalement utilisé pour le photojournalisme. Quittant l’Allemagne pour être au coeur de la photographie d’avant-garde à Paris dans les années 1930, Isle Bing y développe son goût pour le détail et le cadrage, ainsi que son rapport au monde urbain, dont elle cherche à saisir l’essence. Avec des clichés capturés entre 1928 et 1935, à Francfort et à Paris, cette exposition illustre les recherches esthétiques de l’artiste surnommée « La Reine du Leica ».

« Ilse Bing: Photographs 1928-1935 », galerie Karsten Greve, 5, rue Debelleyme, 75003 Paris, 01 42 77 19 37, jusqu’au 31 juillet 2021.

Ilse Bing, Dancer. Ballet Errante, 1932, tirage argentique,
épreuve d’époque © Courtesy Galerie Karsten Greve St. Moritz, Paris, Köln

8. Des animaux imaginaires

Concentré d’animaux imaginaires composés par Steve Gianakos, Sébastien Gouju, Hippolyte Hentgen, Françoise Pétrovitch, Stefan Rinck et Jon Young, « Strangers in the House » vient défier Darwin et proposer une théorie de l’évolution alternative, en passant par des pingouins à becs pointus (Steve Gianakos), un monolithique Cyclope (Stefan Rinck) ou encore une amazone (Hippolyte Hentgen).

« Strangers in the House », galerie Semiose, 44, rue Quincampoix, 75004 Paris, 09 79 26 16 38, jusqu’au 31 juillet 2021.

Strangers in the House, 2021, © A. Mole / Courtesy Semiose, Paris

9. Des humanismes pluriels

La Galleria Continua vous accueille pour une deuxième exposition dans son nouvel espace, rénové et mis à nu par MBL Architects, dévoilant les coulisses de l’infrastructure. Cette exposition réunissant des artistes de tous horizons pose la question du traitement de l’espace, de l’environnement qui nous entoure et des marqueurs culturels qui le composent, mais aussi celle de l’autre, de la rencontre et de la migration. Les tapisseries murales d’Etel Adnan (Lumière Blanche, 2015), remémorant la chaleur d’un foyer, contrastent alors avec l’oeuvre Lampedusa (2016) de Pascale Marthine Tayou, image d’une Méditerranée aux traversées tragiques. « À bras ouverts » offre ainsi une réflexion humaniste autour des notions de territoire, de culture et de mémoire(s).

« À bras ouverts », Galleria Continua, 87, rue du Temple, 75003 Paris, 01 43 70 00 88, du 20 mai au 31 juillet 2021.

 

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10. Coulon, Casadesus et Sorg à la galerie Dutko

Exposition collective, « Summer Show » vous offre à voir un panel d’œuvres contemporaines colorées , de Béatrice Casadesus à Guy Leclercq en passant par Christian Sorg. Des œuvres de Jean-Michel Coulon (1920-2014) viennent également se glisser dans cet accrochage de la galerie Dutko qui avait déjà rendu hommage à l’artiste en 2018, et qui participe cette année au 100e anniversaire du peintre aux côtés des galeries qui célèbrent son œuvre.

« Summer Show », galerie Dutko, 11, rue Bonaparte, 75006 Paris, 01 56 24 04 20, jusqu’au 31 juillet 2021.

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